La flore du Périgord est riche et abondante et elle nous prépare des belles surprises. Dans ce blog vous trouverez des portraits d'une centaine de plantes et fleurs sauvages d'ici. Au fil des saisons des nouvelles espèces sont ajoutées.

Corine est botaniste et photographe et elle vous proposera des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord.
Pour en savoir plus regardez "Les Balades" et le "Calendrier" à droite de ce page.


A bientôt !



26 novembre 2019

Noisetier


Ceci, c'est un arbuste de Noisetier (Corylus avellanus) pendant une grosse pluie d'été.



Maintenant les feuilles tombent,  mais cette année elles ne tombent pas rapidement. Pour changer de couleur et pour se détacher des branches, elles ont besoin de quelques journées ou nuits froides. Cet automne il fait trop chaud, donc on voit encore beaucoup de vert dans les bois.



Ces feuilles de Noisetier, ovales, avec des nervures et dents bien visibles et une petite pointe typique au sommet, sont devenues un peu pâles, pas plus que ça.



Il y a des différences individuelles entre les arbustes, quand-même. Sous un Noisetier un peu plus loin on trouve pas mal de feuilles déjà tombées.


Dans quelques semaines on ne verra que les branches nues.




Un vieux Noisetier ressemble à un grand bouquet de branches et troncs qui sortent du sol au même endroit; quand les plus vieux troncs meurent, des nouvelles branches se développent à côte d'elles.



25 novembre 2019

Charme


Quelques feuilles tombées dans un forêt de charmes.



Mais normalement, les feuilles de charme (Carpinus betulus) deviennent jaune en automne, n'est ce pas? Il paraît que ce n'est pas toujours le cas.



Confirmé quand on regarde en haut. Deux charmes avec des feuilles rougeâtres. Des exceptions à la règle, ça existe.

18 novembre 2019

Lichen pulmonaire


Sur un tronc d'arbre pousse un lichen couleur salade. Au moins, en cette saison humide il est vert clair, pendant des périodes de sècheresse il est plutôt brunâtre ou gris. C'est le Lichen pulmonaire (Lobaria pulmonaria), un des plus grands lichens de France.




Le thallus (la "feuille") en forme de longue lobe plus ou moins pendante peut atteindre 40 cm de longueur. Ici les thalli sont beaucoup plus courts. Si on regarde de plus près, on voit qu'il y a des thalli de différentes nuances de vert qui sont différemment structurés.





Le lichen pousse lentement, et il y a des jeunes et des vieux thalli présents sur le même arbre.





Leur surface est réticulée et sur les crêtes poussent des petites sorédies, ici visible comme une sorte de poudre gris-blanc. Les sorédies servent à la réproduction végétale du lichen, elles contiennent des échantillons de l'ascomycète et du cyanobacter qui forment ensemble le lichen et qui peuvent se déplacer vers des autres arbres.


 
Le Lichen pulmonaire est un organisme des vieilles forêts avec des vieux arbres feuillus, comme en Dordogne les Chênes et Charmes. Parce qu'il est sensitive à certains types de pollution d'air, notamment au dioxide de soufre, il est disparu des régions industrialisées et urbanisées. En Périgord on le trouve encore, ça et là.


23 octobre 2019

Euphorbe à feuilles tachées


Certaines plantes adorent le goudron et la castine, surtout sur les petites routes. C'est le cas de l'Euphorbe à feuilles tachées (Euphorbia maculata). Elle se met à plat sur la surface carossable et la couvre avec une masse de petites branches.



On pense que toutes les Euphorbes se ressemblent, mais en fait la famille des Euphorbes est très variée avec des espèces très différentes l'un de l'autre et parfois à la première vue à peine reconnaissable. En France on n'a que deux groupes du genre Euphorbia: les vertes-jaunâtres avec au général un port plutôt dressé, et les vertes-rougeâtres au port prostré et étalé. L'Euphorbe à feuilles tachées appartient à la dernière catégorie.




Les feuilles sont parfois tachées de rouge, mais pas toujours. Les fruits sont reconnaissables comme des fruits d'Euphorbe, des petites boules pendantes. Chez l'Euphorbe à feuilles tachées ils sont couverts de soies blanches.
 



On a l'impression de voir des fleurs blanches. Sauf que ce ne sont pas des vraies fleurs, mais des appendices blanches aux glandes. Les fleurs verdâtres se trouvent à l'intérieur de ces glandes et elles sont à peine visible sur la photo.



L'Euphorbe à feuilles tachées est introduite de l'Amérique du Nord et maintenant on la trouve partout en Périgord.



15 octobre 2019

Linaire couchée


Elle n'est plus en fleur, à cette saison elle ne porte que des fruits, la Linaire couchée (Linaria supina). Les petites graines noires sont juste visibles dans les capsules.





Pendant l'été des grandes fleurs, grandes pour une plante si petite, d'un jaune lumineux attirent les insectes, pas seulement les abeilles comme ici mais aussi ceux qui peuvent atteindre le fond du long éperon. Les feuilles sont fines et linéaires.




La Linaire couchée est une plante plutôt méditerranéenne des endroits secs et pierreux, comme des pentes rocailleuses et des éboulis. En Dordogne on ne la trouve que rarement. Bien sûr sur quelques pentes calcicoles bien exposées au soleil, mais surtout sur les gares SNCF entre les rails, un habitat artificiel qui ressemble bien les endroits pierreux qu'elle aime.




Les fleurs sont amplement décorées avec des protubérances diverses, des nuances de jaune et de rouge et des rayures divergentes.



14 octobre 2019

Germandrée des marais


Après cet été chaud et sec, beaucoup de lacs, mares et étangs se sont assèchés. L'eau a simplement évaporée ou - pour la plus grande partie - elle a été utilisée par les agriculteurs pour arroser leur maïs. Il est normal qu'il y a moins d'eau à la fin de l'été qu'au printemps, mais cette année vraiment beaucoup d'eau a disparu. C'est une situation grave et cela crée des vrais problèmes pour beaucoup de habitats naturels et les espèces qui y vivent. Mais il y a des exceptions, comme cette Germandrée des marais (Teucrium scordium). Elle est abondante cette année.






Elle pousse dans des endroits humides où le niveau d'eau change souvent, comme ici dans un grand réservoir d'eau. On ne la trouve pas au milieu du lac; là il y a presque toute l'année de l'eau, même en été. On ne la trouve non plus sur les rives qui sont trop sèches. Mes entre les deux, où l'eau se retire de plus en plus durant les mois chauds, elle peut vivre. Ces racines souterraines survivent des périodes hivernales inondées, et quand le lac s'assèche elle fait des nouvelles pousses dans la vase et aussi beaucoup de stolons avec lesquels elle peut couvrir une grande surface.







Comme toutes les germandrées les fleurs n'ont que une lèvre, la lèvre inférieure. Les feuilles ont des dents arrondies et elles sont très duveteuses. Comme beaucoup de Lamiacées, la Germandrée des marais est odorante.






9 octobre 2019

Linaire bâtarde


Maintenant la floraison est terminée. Un méli-mélo de petites tiges plein de feuilles en coeur et des petits fruits couvrent le sol dans une friche. Les feuilles duveteuses de la Linaire bâtarde (Kickxia spuria) sont couverts de gouttelettes de rosée, ce qui les donne un aspect plutôt grisâtre dans cet image.




La linaire bâtarde est une plante plutôt messicole, mais pas exclusivement, on la trouve aussi en dehors des champs agricoles et des jardins potagers.




Elle est une plante annuelle et en général elle ne commence à pousser qu'au début de l'été. La croissance est rapide et efficace, dans quelques semaines une plante peut former des longs spaghettis couverts de feulles et de fleurs. Ces dernières sont toutes petites mais coloriées; l'éperon ressemble à la queue d'un petit animal.





La lèvre, ici fermée, est rouge foncé, presque noir, et la reste de la fleur est d'un jaune pâle.

Bonjour, kickxia !




1 octobre 2019

Tomate


Il n'y a plus beaucoup de trains en Dordogne. Entre les rails pousse un pied de Tomate (Solanum lycopersicum). Ce n'est pas une tomate sauvage, probablement il est issu d'une graine d'un fruit mangé par un voyageur, ou le graine est passé par les intestins d'un oiseau.




Les tomates sont autofertiles, le pollen d'une fleur pleut féconder les ovules de la même fleur. Pour cette raison, souvent les 'enfants' d'une tomate ont des qualités gustatives comparable à celles du pied d'origine.



Est-ce que le chef de gare va manger des tomates? Bien possible que oui, ces belles fruits auront encore du temps de mûrir avant qu'il fera trop froid.



22 juillet 2019

Cirse des marais


Dans cette prairie humide à l'abandon des nouvelles espèces plus grandes  remplacent les plantes qu'on trouvait ici quand la prairie était encore fauchée régulièrement. Les plus grands sont des chardons majestueux.






Le Cirse des marais (Cirsium palustre) peut atteindre une hauteur de plus de deux métres. Elle pousse dans des endroits humides où il y a beaucoup de lumière et un sol assez fertile et peut-être un peu ruderalisé ou laissé à l'abandon.






Une seule plante peut faire une forêt de branches épineuses. Voilà le détail d'une branche:



Toute la plante est couverte de petites épines roses, avec entre les épines des fins poils blancs.




Chaque branche porte une dizaine de têtes de fleurs pourpres, vraiment des fleurs de chardon.



La plante produit des milliers de petites graines blanches avec des aigrettes soieuses. On peut distinguer les Cirses des 'vrais' chardons (Carduus) parce que les Cirses ont des aigrettes en forme de plume, avec beaucoup de petites soies secondaires.

Si la prairie ne sera pas fauchée bientôt, des plantes ligneuses commenceront à pousser ici, et dans quelques années, ce sera une forêt de frênes et aulnes et saules. Et probablement beaucoup de ronces.



 

7 juin 2019

Fromental élevé


Sur le bord d'un chemin on voit une graminée qui dépasse les autres herbes.



Le Fromental élevé (Arrhenaterum elatius) pousse quasiment partout et ça et là on le trouve encore en fleur.



Ci-dessus un épi en pleine floraison. Les épillets sur des pédicelles fines s'écartent de l'axe centrale, et chaque épillet contient plusieurs fleurs. Les structures rouges pendantes sont les anthères qui bougent dans le vent. Parce que le Fromental élevé est tellement grand, il est un peu plus facile d'observer ses fleurs qu'avec les autres graminées.




Ici un épillet vu d'en face. Il contient plusiers fleurs. Au premier plan une fleur monoique, dont on voit bien les deux stigmates comme des petites plumes blanches, une à gauche et une à droite. Du centre de ce fleur sortent également deux étamines, des filaments fins (et déjà un peu déchirés) qui portent les anthères rougeâtres. Derrière cette fleur est cachée une fleur mâle dont on voit surtout les deux étamines. Au-dessus ces fleurs, en haut pointant en avant, on voit une des bractées, glumes, qui enveloppent l'épillet. Aussi chaque fleur individuelle est entourée par des bractées de formes différentes, les glumelles. La plus grande entre elles, qui pointe vers le bas et la gauche avec une longue arête, est une glumelle du fleur mâle.




C'est compliqué, les graminées...

6 juin 2019

Rosier des haies


Un mur de végétation quasiment impénétrable fait la séparation entre une petite prairie et la forêt. Il y a beaucoup de ronces, mais aussi des autres arbustes, dont quelquesunes en fleur. Les grandes ombelles blanches sont d'un Sureau (Sambucus nigra) et les petites taches roses sont les fleurs de deux Rosiers des haies (Rosa canina).





Il y a plusieurs espèces de rosier sauvage en Dordogne, et le Rosier des haies est probablement la plus commune. Sa fleur est odorante, elle sent même très bon, comme il se doit pour une rose. Les feuilles, quand on les frotte entre les doigts, sont plutôt inodores.




Le rosier des haies fleurit en mai et juin avec des grandes fleurs blanches ou roses.



Les pétales sont légèrement écranchées et les sépales sont nettement frangées. Les feuilles sont pointues, glabres ou, comme ici, un petit peu duveteuses.



Parfois elles restent sur la plante jusqu'aux premières gelées.






Souvent les fruits, les cynorhodons, qui se développent pendant l'été, restent sur les branches jusqu'à la fin de l'hiver. Au moins, quand il n'y a pas d'oiseau ou renard qui les mange.



C'est un rosier sarmenteux et les branches, pourvues de fortes épines courbées, peuvent atteindre une longueur de quelques mètres.





Pendant toute l'année les rosiers sauvages sont beaux!

29 mai 2019

Trèfle strié


Tout le monde connaît les trèfles blancs et rouges mais il y a tellement d'autres espèces en Dordogne! Souvent ils passent quasiment inaperçu, parce qu'ils ne sont pas grands et pas très voyants. Ici un petit trèfle rose, le Trèfle strié (Trifolium striata), dans une prairie.



Sur la photo ci-dessous on voit qu'il a des têtes de fleurs allongés avec des fleurs rose clair et des feuilles légèrement poilues. Les calices des fleurs individuels sont rougeâtres et striées. Les nervures dans les petites feuilles sont presque droites.




On ne peut pas dire que le Trèfle strié est une plante spectaculaire, mais vu de près, il est quand-même beau.

Il est propre aux trèfles que les fleurs fânées restent sur le fruit en formation. Le Trèfle strié ne fait pas exception, ci-dessous on les voit comme des petites taches brunes sur les capitules après floraison.





Les lobes pointues des calices donnent un peu un aspect hérisson aux capitules.




Ici on le voit parmi un autre petit trèfle qui est jaune et beaucoup plus commun, le Trèfle des champs (Trifolium campestre). Les deux espèces poussent dans les prairies, la jaune on la trouve presque partout, et la rose que rarement.




24 mai 2019

Passerage des champs


Dans un champ de céréales une petite plante se tient très droite dans les premières rayons de soleil.




Le Passerage des champs (Lepidium campestre) est une Brassicacée qu'on peut trouver dans des champs de cultures et décombres sur sol pauvre et sec, en général sur calcaire. Les petits pieds sont verticales, les plus grands ont des branches qui font que la plante ressemble à un candélabre.




Les fleurs ce n'est pas grand-chose, elles sont petites, quatre pétales blanches qui entourent une silicule ronde et plate qui devient très vite plus grande que la fleur elle-même.




Les fruits sont légèrement ailées, et elles ont une petite écranchure au sommet.





24 avril 2019

Euphorbe des bois


L'Euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) pousse, pas de surprise, dans les bois et il commence à fleurir bien avant que les arbres développent leurs feuilles.





Les Euphorbes, au moins les espèces qui poussent en France, ont quelques traits en commun. Si on casse une tige ou feuille, un latex blanc sort. Et la plupart d'entre eux ont des ombelles ou grappes florifères vert-jaune assez voyantes et typiques. 





L'Euphorbe des bois ne fait pas exception.




La floraison en détail. Des structures rondes forment une sorte de soucoupe sous un appareillage hors commun. Les deux hémicercles vert-jaune qui entourent ces quelques bidules étranges ne sont pas des pétales, l'Euphorne ne les a pas, mais des bractées. Et la petite boule rouge au centre, c'est un fruit pas encore mûr qui porte encore les restes de pistils, deux tiges vertes. A gauche et à droite de ce fruit, sous les démi-lunes, des nouvelles fleurs commencent à s'ouvrir. Et les démi-lunes? Ce sont des glandes nectarifères. En dessus de tout, on vout encore quelques étamines avec un peu de pollen.






Les feuilles plutôt glauque, parfois un peu rouge, ont l'air d'appartenir à une autre espèce de plante.





Et quand, enfin, les arbres font des nouvelles feuilles, l'Euphorbe des bois n'arrête pas tout de suite à fleurir.