La flore du Périgord est riche et abondante et elle nous prépare des belles surprises. Dans ce blog vous trouverez des portraits d'une centaine de plantes et fleurs sauvages d'ici. Au fil des saisons des nouvelles espèces sont ajoutées.

Corine est botaniste et photographe et elle vous proposera des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord.
Pour en savoir plus regardez "Les Balades" et le "Calendrier" à droite de ce page.


A bientôt !



22 juillet 2019

Cirse des marais


Dans cette prairie humide à l'abandon des nouvelles espèces plus grandes  remplacent les plantes qu'on trouvait ici quand la prairie était encore fauchée régulièrement. Les plus grands sont des chardons majestueux.






Le Cirse des marais (Cirsium palustre) peut atteindre une hauteur de plus de deux métres. Elle pousse dans des endroits humides où il y a beaucoup de lumière et un sol assez fertile et peut-être un peu ruderalisé ou laissé à l'abandon.






Une seule plante peut faire une forêt de branches épineuses. Voilà le détail d'une branche:



Toute la plante est couverte de petites épines roses, avec entre les épines des fins poils blancs.




Chaque branche porte une dizaine de têtes de fleurs pourpres, vraiment des fleurs de chardon.



La plante produit des milliers de petites graines blanches avec des aigrettes soieuses. On peut distinguer les Cirses des 'vrais' chardons (Carduus) parce que les Cirses ont des aigrettes en forme de plume, avec beaucoup de petites soies secondaires.

Si la prairie ne sera pas fauchée bientôt, des plantes ligneuses commenceront à pousser ici, et dans quelques années, ce sera une forêt de frênes et aulnes et saules. Et probablement beaucoup de ronces.



 

7 juin 2019

Fromental élevé


Sur le bord d'un chemin on voit une graminée qui dépasse les autres herbes.



Le Fromental élevé (Arrhenaterum elatius) pousse quasiment partout et ça et là on le trouve encore en fleur.



Ci-dessus un épi en pleine floraison. Les épillets sur des pédicelles fines s'écartent de l'axe centrale, et chaque épillet contient plusieurs fleurs. Les structures rouges pendantes sont les anthères qui bougent dans le vent. Parce que le Fromental élevé est tellement grand, il est un peu plus facile d'observer ses fleurs qu'avec les autres graminées.




Ici un épillet vu d'en face. Il contient plusiers fleurs. Au premier plan une fleur monoique, dont on voit bien les deux stigmates comme des petites plumes blanches, une à gauche et une à droite. Du centre de ce fleur sortent également deux étamines, des filaments fins (et déjà un peu déchirés) qui portent les anthères rougeâtres. Derrière cette fleur est cachée une fleur mâle dont on voit surtout les deux étamines. Au-dessus ces fleurs, en haut pointant en avant, on voit une des bractées, glumes, qui enveloppent l'épillet. Aussi chaque fleur individuelle est entourée par des bractées de formes différentes, les glumelles. La plus grande entre elles, qui pointe vers le bas et la gauche avec une longue arête, est une glumelle du fleur mâle.




C'est compliqué, les graminées...

6 juin 2019

Rosier des haies


Un mur de végétation quasiment impénétrable fait la séparation entre une petite prairie et la forêt. Il y a beaucoup de ronces, mais aussi des autres arbustes, dont quelquesunes en fleur. Les grandes ombelles blanches sont d'un Sureau (Sambucus nigra) et les petites taches roses sont les fleurs de deux Rosiers des haies (Rosa canina).





Il y a plusieurs espèces de rosier sauvage en Dordogne, et le Rosier des haies est probablement la plus commune. Sa fleur est odorante, elle sent même très bon, comme il se doit pour une rose. Les feuilles, quand on les frotte entre les doigts, sont plutôt inodores.




Le rosier des haies fleurit en mai et juin avec des grandes fleurs blanches ou roses.



Les pétales sont légèrement écranchées et les sépales sont nettement frangées. Les feuilles sont pointues, glabres ou, comme ici, un petit peu duveteuses.



Parfois elles restent sur la plante jusqu'aux premières gelées.






Souvent les fruits, les cynorhodons, qui se développent pendant l'été, restent sur les branches jusqu'à la fin de l'hiver. Au moins, quand il n'y a pas d'oiseau ou renard qui les mange.



C'est un rosier sarmenteux et les branches, pourvues de fortes épines courbées, peuvent atteindre une longueur de quelques mètres.





Pendant toute l'année les rosiers sauvages sont beaux!

29 mai 2019

Trèfle strié


Tout le monde connaît les trèfles blancs et rouges mais il y a tellement d'autres espèces en Dordogne! Souvent ils passent quasiment inaperçu, parce qu'ils ne sont pas grands et pas très voyants. Ici un petit trèfle rose, le Trèfle strié (Trifolium striata), dans une prairie.



Sur la photo ci-dessous on voit qu'il a des têtes de fleurs allongés avec des fleurs rose clair et des feuilles légèrement poilues. Les calices des fleurs individuels sont rougeâtres et striées. Les nervures dans les petites feuilles sont presque droites.




On ne peut pas dire que le Trèfle strié est une plante spectaculaire, mais vu de près, il est quand-même beau.

Il est propre aux trèfles que les fleurs fânées restent sur le fruit en formation. Le Trèfle strié ne fait pas exception, ci-dessous on les voit comme des petites taches brunes sur les capitules après floraison.





Les lobes pointues des calices donnent un peu un aspect hérisson aux capitules.




Ici on le voit parmi un autre petit trèfle qui est jaune et beaucoup plus commun, le Trèfle des champs (Trifolium campestre). Les deux espèces poussent dans les prairies, la jaune on la trouve presque partout, et la rose que rarement.




24 mai 2019

Passerage des champs


Dans un champ de céréales une petite plante se tient très droite dans les premières rayons de soleil.




Le Passerage des champs (Lepidium campestre) est une Brassicacée qu'on peut trouver dans des champs de cultures et décombres sur sol pauvre et sec, en général sur calcaire. Les petits pieds sont verticales, les plus grands ont des branches qui font que la plante ressemble à un candélabre.




Les fleurs ce n'est pas grand-chose, elles sont petites, quatre pétales blanches qui entourent une silicule ronde et plate qui devient très vite plus grande que la fleur elle-même.




Les fruits sont légèrement ailées, et elles ont une petite écranchure au sommet.





24 avril 2019

Euphorbe des bois


L'Euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) pousse, pas de surprise, dans les bois et il commence à fleurir bien avant que les arbres développent leurs feuilles.





Les Euphorbes, au moins les espèces qui poussent en France, ont quelques traits en commun. Si on casse une tige ou feuille, un latex blanc sort. Et la plupart d'entre eux ont des ombelles ou grappes florifères vert-jaune assez voyantes et typiques. 





L'Euphorbe des bois ne fait pas exception.




La floraison en détail. Des structures rondes forment une sorte de soucoupe sous un appareillage hors commun. Les deux hémicercles vert-jaune qui entourent ces quelques bidules étranges ne sont pas des pétales, l'Euphorne ne les a pas, mais des bractées. Et la petite boule rouge au centre, c'est un fruit pas encore mûr qui porte encore les restes de pistils, deux tiges vertes. A gauche et à droite de ce fruit, sous les démi-lunes, des nouvelles fleurs commencent à s'ouvrir. Et les démi-lunes? Ce sont des glandes nectarifères. En dessus de tout, on vout encore quelques étamines avec un peu de pollen.






Les feuilles plutôt glauque, parfois un peu rouge, ont l'air d'appartenir à une autre espèce de plante.





Et quand, enfin, les arbres font des nouvelles feuilles, l'Euphorbe des bois n'arrête pas tout de suite à fleurir.




20 avril 2019

Arbre de Judée


Sur les 'causses' Périgourdines, les pentes et plateaux calcaires et secs, où poussent surtout des Chênes pubescentes un peu rabougris, on voit maintenant des taches rose fluo parmi le vert tendre des chênes. L'Arbre de Judée (Cercis siliquastrum) est un arbuste ou un petit arbre méditérranéen qui se sent bien à son aise ici. Il est un échappé des jardins qui se maintient dans des habitats sauvages sans devenir envahissant.



C'est un légumineux qui fleurit abondamment avec des petites fleurs en forme de papillon qui poussent directement sur le vieux bois.



Les nouvelles pousses ne portent que des feuilles. Mais que celles-là sont jolies!



Un seul bouton rose fluo sur une branche épaisse, ça fait un peu extraterrestre.



En été, l'arbre de Judée fait des gousses d'un rouge lumineux.




Et les couleurs d'automne ne sont pas mal non plus.

En bref, on est content qu'il a choisi domicile ici.


9 avril 2019

Laîche du printemps


Le premier Carex qui fleurit est déjà à la fin de sa floraison. Les étamines de la Laîche du printemps (Carex halleriana) ont dispersé leur pollen et ils sont presque assèchées; les tiges florifères forment des petites massues brunâtres.




La Laîche du printemps est une espèce des pelouses calcaires et elle aime les endroits secs et ensoleillés.
 





Elle a deux types de tiges florifères. Les plus longues tiges portent normalement des épillets mâles et parfois quelques épillets femelles.


En bas, plus ou moins cachées dans les feuilles, se trouvent des épillets femelles avec des pistils blancs sur des tiges fines comme un fil.




Les feuilles grises assèchées sont de l'an dernier.








30 mars 2019

Arabette des dames


L'Arabette des dames (Arabidopsis thaliana) est une petite annuelle de la famille des  Brassicacées, cousine du chou et de la moutarde. Elle est très fine et grêle.



Cela ne paraît pas grand-chose, des petites fleurs blanches à quatre pétales sur une tige fine. Les fruits, des siliques, sont longues et minces. La plante n'a à peine des feuilles, la rosette basale a disparu au début de la floraison.

L'Arabette des dames sait faire des graines, quand-même.




Voilà le résultat dans des circonstances favorables, ici dans un champ préparé pour faire une prairie. Le champ est couvert de quantités énormes d'Arabettes.





Des milliers de petites plantes bougent dans le vent. Il est bien possible que l'année prochaine la situation sera tout à fait différente, la prairie ne sera pas travaillée, l'herbe couvrera le sol, et les milliers de graines attendront une autre année plus propice.


Mais pour l'instant, tout va bien pour l'Arabette des dames.


14 mars 2019

Fleurs de Charme


Les Charmes (Carpinus betulus) sont en fleur!



Ici une branche avec quelques châtons mâles. Les châtons femelles sont plus petits, il y a un, avec des pistils rouges à peine visibles, au milieu de l'image.




Un châton femelle avec quelques fleurs, on ne voit que les pistils rouges et quelques écailles.



10 mars 2019

Myrobolan


Les giboulées de mars.












Les pétales du Myrobolan (Prunus cerasifera) tombent.


9 mars 2019

Orme champêtre


Dépêchez-vous si vous voulez voir L'Orme champêtre (Ulmus minor) en fleur, la floraison est de courte durée!

Pour commencer, il faut chercher un Orme. Cela ne devrait pas être difficile, c'est un arbre commun. Bonne chance que vous le trouverez aux bord de la Dordogne ou d'une autre rivière. En ce moment, il est reconnaissable à une masse de petites boules pâles ou rougeâtres qui couvrent les branches.






Une floraison plutôt discrète, mais en ce moment l'avalanche de floraison printanière n'a pas encore commencée, et ces petites têtes de fleurs attireront bien votre attention.







Chaque boule contient des étamines et des pistils, et pas grand-chose d'autre. Parfois l'écaille qui protégeait le bouton avant l'éclosion est encore présente. Les bourgeons qui vont donner des feuilles sont encore bel et bien fermés.






La boule à gauche commence à s'épanouir, les étamines s'allongent et certains montrent déjà un peu de pollen. Aussi les premiers pistils, qui ressemblent à des petites plumes blanches, sortent. La tête de fleurs à droite est déjà à la fin de floraison, seulement quelques étamines assèchés s'accrochent encore, et les plumes blanches des fleurs femelles dominent. Les graines commencent à pousser, elles sont vertes, entourées pas des écailles membraneuses couleur rouille et couronnées par les pistils.
 





La même chose encore une fois. À gauche une tête de fleurs à la fin de floraison, en bas une au début. Comme chez beaucoup de plantes anémophyles (qui ont besoin du vent pour disperser leur pollen), les pistils se développent un peu plus tard que les étamines.

Peut-être que vous ne pensez pas cela spectaculaire mais...