La flore du Périgord est riche et abondante et elle nous prépare des belles surprises. Dans ce blog vous trouverez des portraits d'une centaine de plantes et fleurs sauvages d'ici. Au fil des saisons des nouvelles espèces sont ajoutées.

Corine est botaniste et photographe et elle vous proposera des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord.
Pour en savoir plus regardez "Les Balades" et le "Calendrier" à droite de ce page.


A bientôt !



4 décembre 2016

Polypodes


Une magnifique fougère pousse sur le tronc d'un vieux Frêne au bord de la Dordogne. C'est un Polypode, mais lequel? Il y a trois espèces en Dordogne, et on trouve de temps en temps une hybride de deux d'entre eux. Les espèces se ressemblent beaucoup. Pour être sûr il faut regarder les sores (les couvercles des sporanges) sous une microscope et compter les cellules. Mais dans le terrain, en général, on n'a pas de microscope dans la poche.




Les hybrides ont souvent de la polyploidie - une doublure du nombre de chromosomes - et de ce fait des organes (feuilles, fleurs) plus grands que ceux des parents. Ce pied est vraiment grand, il a des frondes de jusqu'à 70 cm. Donc probablement il est le Polypode hybride (Polypodium x mantoniae).




Il a des autres caractéristiques de ses deux parents présumés. Les limbes larges sont plutôt triangulaires avec les bords dentés comme le Polypode intermédiaire (Polypodium interjectum). Les pennes - les subdivisions des limbes - sont toutes dans un plan comme avec le Polypode commun (Polypodium vulgare).


Dans cet arbre tombé habite l'un des deux parents, le Polypode commun, dans une maison à plusieurs étages.




Les pieds sont assez petits et les frondes sont longues avec des bords parallèles.






Souvent le Polypode pousse sur un arbre, mais on le trouve aussi sur le sol. Ou peut-être qu'il vit ici sur une souche morte enterrée? Il faut creuser pour le savoir. Il est bien possible qu'il est un Polypode intermédiaire (Polypodium interjectum) vu la forme des limbes, un peu triangulaire avec des pennes basales un peu élevée. Mais c'est un peu au pif!







16 novembre 2016

Concombre anguleux


Le Concombre anguleux (Sicyos angulata) est une plante envahissante qui aime le soleil d'été et l'humidité, deux choses qu'on trouve abondamment sur les berges de la Dordogne. Cette plante Nordaméricaine est présente dans le ouest de l'Aquitaine depuis une cinquante années et il avance vers l'est, en suivant les rivières. Lentement, en 2010 il n'était pas encore arrivé à Bergerac. Mais il est en progression, maintenant on trouve le Concombre anguleux aussi à Coux et Bigaroque et peut-être aussi plus loin.






C'est un gros monstre, ses lianes peuvent atteindre plus de 8 m de longueur. Il couvre le sol et la végétation des berges et il grimpe...




... et grimpe! Comme un concombre ou potimarron sur le tas de composte, en fait. Comme il se doit pour une Cucurbitacée.

Il n'y avait pas encore de frimas de novembre cet année, donc le Concombre anguleux continue à faire des petites fleurs.





Il est difficile de le trouver beau, il a l'air plutôt débraillé, avec ses lianes et grandes feuilles qui vont n'importe où. Mais c'est aussi une question de goût, n'est-ce pas?

Les fruits étoilés, quand-même, sont un peu festifs, comme des boules de noel venus quelques semaines en avance.



Malgré le nom de la plante les fruits ne ressemblent pas du tout aux concombres, et ils ne sont pas comestibles. Au contraire les feuilles du Concombre anguleux ressemblent bien celles du concombre comestible.





1 novembre 2016

Aster à feuilles de saule


Comme de la neige un peu sale, et cela au mois d'octobre. Un tapis de petites fleurs blanches pousse sur la rive de la Dordogne. L'Aster à feuilles de saule (Symphyotrichum x salignum) est un américain mais il se sent bien à l'aise ici, apparemment.








Il colonise les berges des grandes rivières. Avec ses rhizomes traçants en quelques années il peut couvrir une grande surface avec sa végétation dense et plus ou moins chaotique. Il est considéré comme une espèce envahissante, cela veut dire qu'il risque de dommager les populations de plantes indigènes. Depuis plus de 200 ans il est présent en France, mais les dernières années il a l'air de se répandre plus vite. Pourquoi? Bonne question. Il fleurit tard dans l'année; peut-être que les automnes chauds des dernières années l'aident à se développer?






Les grandes tiges sont érigées ou couchées et portent des grappes de fleurs composées.






Les fleurs ligulées sont blanchâtres, parfois un peu mauve, et les fleurs tubulées, à peine visible sur la photo, jaune. Souvent la tige est légèrement poilue.



A l'arrière-plan on voit des troncs de l'Erable à feuilles de Frêne (Acer negundo), un arbre très commun dans la ripisylve de la Dordogne. Lui, il est aussi une espèce invahissante d'origine Nordaméricaine.







13 octobre 2016

Erable champêtre


Les feuilles commencent à changer de couleur.





Ici une feuille d'un Erable champêtre (Acer campestre). Cet arbre est commun en état sauvage mais il est aussi souvent planté, un rang d'Erables champêtres fait une belle haie ou coupe-vent et supporte bien la taille. Il n'est pas difficile, il pousse sur tout type de sol, avec peut-être une légère préférence pour le calcaire, et il supporte bien la sècheresse.









Ici avec pour décoration quelques toiles d'araignée et des lichens.






Les fruits, les samares, sont typiques pour les érables. Elles poussent en paire, chaque samare porte une aile, et quand elles tombent elles tournent comme des petites hélicoptères.



Quelques branches en été.



1 octobre 2016

Jussie rampante


Elle est considérée comme une invasive vraiment envahissante. Cela n'empêche pas la Jussie rampante (Ludwigia peploides subsp. montevidensis) d'être bien jolie.






A la fin de l'été, oui, jusqu'en octobre, elle montre ses belles fleurs jaunes. Elle pousse dans l'eau ou sur la rive avoisinante. Ça et là, au bord de la Dordogne, elle forme des tapis denses. Quand il n'y a pas trop de courant elle couvre des grandes surfaces d'eau.



Les rosettes de feuilles flottent sur l'eau et se déplacent avec le courant vers des nouvelles rives.


26 septembre 2016

Scille d'automne


Quel belle surprise! Au bord d'une petite route les herbes ont changé de couleur, elles ne sont plus jaune de sècheresse. Des petites tiges bleues sortent du brouillard matinal.



Ce sont des Scilles d'automne (Scilla autumnalis) et, du jamais vu, sa floraison est tellement abondante cet année qu'ils couvrent quasiment le sol. Et les pieds sont grands, ils portent parfois une douzaine de fleurs ou même plus.

L'été sec ne parait pas favorable à la croissance des plantes. Mais peut-être que les bulbes souterraines ont pris de la force au printemps, quand il a plu beaucoup et pendant longtemps? En été la Scille d'automne n'a pas de feuilles ou tiges hors terre et exposés au soleil, donc peut-être qu'elle n'a pas trop souffert de la sècheresse et de la chaleur.





Un petit pied blanc parmi les milliers de bleus, ça arrive.
 


Les fleurs sont encore fermées, elles attendent le soleil. Dans une heure elles vont s'ouvrir en étoiles, on les reconnaîtra plus facilement comme des scilles.





Il n'y a pas seulement les scilles. Les Carlines communes (Carlina vulgaris) et une petite Guimauve hérissée (Althaea hirsuta) sont toutes assèchées, sont couvertes de toiles d'araignées. Elles aussi font partie du cortège des pelouses calcaires.








19 septembre 2016

Trèfle des champs


En Dordogne on peut trouver une vingtaine d'espèces différentes de trèfles. Elles sont blanches, roses, ou jaunes. Le Trèfle des champs (Trifolium campestre) est très commun et il a comme tous les trèfles des feuilles composées de trois folioles avec des petites stipules à la base de la pétiole. Il fleurit en mai et juin, et si l'été est clément et un peu humide aussi plus tard dans la saison.




Ce qui n'était pas le cas cet été. Il a fait chaud et il n'a quasiment pas plu pendant trois mois. Voilà le résultat. Une prairie aux tons de gris et de brun de plantes assèchées et grillées. Oui, c'est beau, il faut l'avouer... 









Ce n'est pas grave, la plupart des plantes dans cette prairie sont bien capables de survivre, au moins de terminer leur cycle de vie, fleurir et faire de fruits, avant que la saison sèche commence. L'assèchement a changé la couleur du Trèfle des champs mais pas tellement sa forme. Les têtes du Trèfle des champs sont rondes et brunes. Les gousses sont mûres maintenant, et elles sont totalement cachées dans les fleurs mortes; comme avec tous les trèfles les corolles sont persistantes.





Il y a quelques mois. L'étendard - la partie large de la fleur en forme de papillon - est pliée et courbé vers l'arrière et en bas.



9 août 2016

Campanule à feuilles rondes


Des petites clochettes bleues poussent dans l'herbe haute au bord d'un chemin. La Campanule aux feuilles rondes (Campanula rotundifolia) commence à fleurir à la fin de l'été et continuera jusqu'aux premières gelées, et on la trouve presque partout. La sècheresse d'août ne la gêne pas trop.





Ses tiges fines portent les fleurs également fines, des clochettes ouvertes en étoile de cinq pointes.





Mais pourquoi elle s'appelle Campanule à feuilles rondes? On voit à peine de feuilles, et celles qu'on voit sont vraiment longilignes.





Il faut aller en arrière de quelques semaines. Au ras du sol on trouve une petite plante avec des feuilles presque rondes ou en forme de coeur, des feuilles longues et étroites, et tous les formes entre les deux. Quand la Campanule à feuilles rondes commence à faire des nouvelles pousses elle produit des feuilles rondes, et quand la saison avance elle fait des feuilles de plus en plus ovales, et après, des feuilles presque linéaires. Quand, enfin, la floraison commence, les premières feuilles qui sont rondes ont déjà fané.




21 juillet 2016

Fumana des montagnes


Il fait chaud, le soleil tape, les plantes commencent à griller.





Les feuilles du Fumana des montagnes (Fumana ericifolia) commencent déjà à prendre une couleur d'automne. Ce petit arbuste pousse au ras du sol dans les prairies et friches ensoleillées sur calcaire. Malgré son nom elle préfère la plaine ou les collines.




Maintenant on voit surtout les fruits couleur rouille, avec ça et là encore une fleur.

Pour voir les fleurs il faut partir de bonne heure, la floraison de ce petit hélianthème est éphemère et les pétales tombent après quelques heures.







Il y a plusieurs espèces de Fumana, chez le Fumana des montagnes les fleurs sont portés par un pédicelle long qui se courbe vers le bas après la floraison.



9 juillet 2016

Gaillet divariqué


Le Gaillet divariqué (Galium divaricatum) est trop subtile pour être vu facilement. On regarde à travers un nuage de fines tiges et fruits minuscules et on voit surtout l'herbe qui pousse derrière la plante. Avec l'appareil photo c'est un peu plus facile, on met la mise au point sur la plante et les brins d'herbe disparaissent dans le flou.






C'est un vrai gailllet, des tiges chaotiques qui poussent dans tous les sens, apparemment sans trop de respect pour la loi de la gravitation. On ne sait pas où la plante commence et où elle se termine.





Les tiges carrées portent quelques feuilles verticillées aux noeuds. Des touts petits poils rudes les donnent un aspect scabre au toucher.





Quant aux fleurs, elles existent mais on ne les voit pas sans une bonne loupe. La corolle mesure au maximum un demi millimètre. Une petite bosse rougeâtre ou rose sur les jeunes fruits, c'est tout. En théorie elles sont en forme d'une étoile à quatre points, comme chez les autres gaillets, mais cela reste théorie parce qu'on ne peut pas les bien voir.








Après la floraison, les fleurs au moins respectent la force de la gravitation, les petits fruits sont pendantes sur des pédoncules courtes, et c'est ce caractéristique qui distingue le Gaillet divariqué d'un autre espèce de gaillet tout proche. C'est aussi assez subtile...





21 juin 2016

Hélianthème taché


Quelques petales cyclopes nous regardent.





Ils sont tombées d'une fleur de l'Hélianthème taché (Tuberaria guttata).

La floraison est éphemère. On cherche l'Hélianthème taché et on ne la trouve pas, mais une semaine après il est là, en masse.



Son milieu favori est un terrain sablonneux et ensoleillé, de préférence pas trop calcaire. Ici, dans une prairie maigre sur sable il fleurit abondamment. 








10 juin 2016

Vesce à fleurs lâches


Cette petite vesce est à peine visible quand elle a terminé de fleurir. La Vesce à fleurs lâches (Ervum gracile) ne dépasse pas beaucoup les autres plantes dans cette pelouse calcaire. 



Si on regarde bien on voit que la plante est infestée par des pucerons. Chaque pédoncule porte une gousse, il y avait deux ou trois fleurs mais pas toutes les ont developpé un fruit. Avec cette espèce souvent le pédoncule est aristée, cela veut dire qu'il y a une petite pointe qui dépasse les fleurs ou les gousses.


Il y a deux semaines la Vesce à fleurs lâches était encore en fleur, très fine et élégante.








Maintenant les gousses se développent. Elles sont légèrement transparentes et on voit un rang de jeunes graines.



 
Le soleil levant fait briller les gouttelettes de rosée sur les vrilles, feuilles et gousses.



8 juin 2016

Vesce jaune


Dans une prairie riche en fleurs la Vesce jaune (Vicia lutea) pousse en grandes quantités. En fait, elle n'est pas jaune du tout, ses fleurs sont plutôt blanches. Avec ses vrilles elle s'attache aux herbes ou à ses congénères.



On voit qu'elle est visité par beaucoup d'insectes. Comme beaucoup d'autres vesces, la Vesce jaune a une tache noire sur les stipules. Cette tache émet une substance sucré qui attire les insectes, surtout les fourmis l'adorent.




Aussi les Téléphores fauves (Rhagonycha fulva) aiment la Vesce jaune. Ils se rassemblent en masse sur les plantes pour rencontrer un partenaire et s'accoupler.

En parlant de nuptiales, parmi les fleurs se cache aussi une araignée, une Pisaure admirable (Pisaura mirabilis) mâle qui porte un colis entre ses pattes, son cadeau de noces.



Il cherche une femelle et la porte une proie enveloppé dans de la toile. Si il viendrait les pattes vides, la femelle le mangerait tout de suite sans qu'il puisse s'accoupler avec elle. Le cadeau va la occuper pendant qu'il la féconde et avec un peu de chance il s'en sortira sain et sauf !






3 juin 2016

Deux coronilles


Cela saute aux yeux, la Coronille naine (Coronille minima) est jaune.





Elle est une plante vivace qui forme des touffes denses pleines de couronnes de fleurs. Cet année elles ne sont pas tellement naines, la pluie les a fait pousser hors de norme, même dans les lieux arides qu'elle préfère.





On ne voit à peine des feuilles, il y a tellement de fleurs ! Les petites folioles, une dizaine par feuille, sont épaisses, comme coupés d'une feuille de silicone.

Apparemment la même type de silicone a été utilisé pour couper les feuilles de l'autre Coronille ci-dessous, la Coronille scorpioïde (Coronilla scorpioides). Ils sont de la même couleur vert glauque, mais plus grandes et irregulières.



Les fleurs sont petites et les fruits sont longues. En fait, les gousses ressemblent la queue d'un scorpion.





Ici elle pousse dans un champ de culture, mais on peut également la rencontrer dans une pelouse calcaire sèche.




28 mai 2016

Euphorbe exiguë


L'Euphorbe exiguë (Euphorbia exigua) est la plus petite Euphorbe de la Dordogne. Il y a des plantes pleinement épanouies qui ne mesurent que deux centimètres. Elle pousse dans les pelouses calcaires, surtout aux endroits ou la végétation est ouverte et on voit le sol.



L'espèce est assez variable. Souvent la plante est vert un peu glauque, mais parfois elle est plutôt vert jaunâtre avec une tige un peu rouge, comme ici. D'ailleurs ce pied est vraiment grand, il dépasse largement les petites Sablines des chaumes (Arenaria controversa) qui font son entourage.






Cette année elle pousse en abondance, probablement à cause de la pluie. Ici quelquesunes d'un tapis d'au moins mille pieds, chacun avec sa tête de fleurs et de fruits.