Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee, botaniste et photographe, vous propose également des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord. Pour en savoir plus regardez sur baladebotanique.fr.

Son site photographie est corineoosterlee.com.


7 juillet 2020

Chlorette à feuilles perfoliées


Peut-être que les feuilles sont la partie la plus saillante de cette plante de la famille des Gentianacées. 




Elles sont glauques et forment une sorte de soucoupe percée au milieu par la tige.

Regardez quand-même les fleurs de la Chlorette à feuilles perfoliées (Blackstonia perfoliata). Elles ne sont pas à négliger.





Une dizaine de pétales d'un beau jaune qui se recouvrent partiellement sortent comme des petites pointes torsadées parmi les dix pointes des sepales.



Tôt le matin elle ne sont pas encore ouvertes.









 
On trouve la Chlorette à feuilles perfoliées dans les prairies et pelouses sur calcaire, en géneral quelques pieds dispersées, pas en grands groupes comme ci-dessus.







 
Elle fleurit surtout au début de l'été. Maintenant, en juillet, les fruits commencent à se former.







Encore quelques semaines et peut-être une petite canicule et il n'y aura que des plantes sèches parmi les herbes sèches.




3 juin 2020

Hélianthème des Apennins


Collé contre le rocher pousse une touffe de fleurs blanches. Elle s'est égarée de la pelouse calcaire au-dessus de la falaise. Les pelouses calcaires, c'est l'habitat préféré de l'Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum)



Au printemps il fait beaucoup de fleurs blanches. Parfois il re-fleurit en automne, ou même en plein été après un orage qui apporte de l'eau.





Comme beaucoup de Cistaceae, l'Hélianthème des Apennins est un petit arbuste bien adapté à l'environnement où il pousse, le sol calcaire de ces pelouses s'assèche rapidement. Ses feuilles étroites s'enroulent si nécessaire.



 
Les fleurs sont facilement reconnaissables avec leurs pétales un peu froissées et un pinceau d'étamines jaunes.





23 mai 2020

Fétuque raide


Beaucoup de graminées fleurissent au mois de mai. Comme cette Fétuque raide (Catapodium rigida) qui montre des étamines blanchâtres le long de ses épillets, comme si elle est saupoudrée de sucre.





Les Poacées (graminées) sont des anémochores, elles ont besoin du vent pour transporter le pollen vers une autre plante. Il est peut-être plus difficile de profiter du vent pour une petite plante au ras du sol que pour une grande.




Apparemment, la Fétuque raide réussit bien à se multiplier malgré sa petite taille. Elle pousse partout dans des endroits secs et dans des zônes où il y a peu de végétation. Comme une pelouse éparse sur calcaire, ou parmi les castines d'un chemin, ou, comme ici, sur un muret.






En fait, elle n'est pas une vraie fétuque. Raide, elle l'est vraiment.




Les épillets sont dans deux rangs, plutôt tournés vers une côté, ce qui donne un peu l'impression d'une brosse à dents.




Pour une plante si petite, elle est assez déclamatoire, même parmi les Trèfles plus colorés on la reconnaît tout de suite.




15 mai 2020

Deux laiterons


Surtout dans des lieux rudéralisés et proche des activités humaines on trouve les Laiterons. Ces grands 'chardons' ont bien apprécié la pluie pour pousser grand. Les deux espèces ci-dessous sont toutes les deux faciles à trouver. Elles se ressemblent beaucoup.





Ici le Laiteron épineux (Sonchus asper) sur le bord d'une petite route.





Et voici le Laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) en bordure de champ. Les deux espèces ont des têtes de fleurs jaunes en panicules lâches.







Peut-être que les panicules du Laiteron épineux, ci-dessus, sont un peu plus denses, et ses fleurs d'un jaune un peu plus foncée...





... que chez le Laiteron marâicher. Mais la différence n'est pas trop évidente.
Il faut regarder les feuilles, critère de valeur sûre.




Le Laiteron marâicher a des feuilles profondement incisées et mates, d'un vert souvent un peu glauque, et à la base de la feuille une paire d'oreillettes pointues.






Les feuilles du Laiteron épineux sont, bien sûr, épineuses. Même si ces épines sont beaucoup plus douces que chez les 'vrais' chardons. Elles sont vertes avec parfois un peu de rouge, et la surface supérieure est brillante. Il a aussi des oreillettes, mais elles sont arrondies, voire un peu enroulées.




Et cette rosette de printemps? Difficile à voir, malgré sa couleur glauque il s'agit d'un Laiteron épineux.




10 mai 2020

Gesse annuelle


Le confinement nous oblige de rester à proximité de la maison. En Dordogne, il y a encore beaucoup de beaux coins où poussent des belles plantes, et on risque d'avoir de belles surprises en respectant les règles du confinement. Voilà une trouvaille hors commun. Cette petite gesse jaune, la Gesse annuelle (Lathyrus annuus) pousse à quelques centaines de mètres de la maison, en lisière d'un champ.




Ses feulles ressemblent l'herbe à laquelle elle s'accroche avec ses longues vrilles. Quand il n'y a pas de fleurs il est sûrement difficile de la trouver.






La plante a produit déjà des grandes gousses couvertes avec des poils très fines. Bonne chance qu'elle reviendra l'année prochaine.

Il n'était pas évident de trouver le nom de cette annuelle, elle ne figure pas dans la Flore de Dordogne. Il n'y a que quelques mentions de cet espèce pour le département, elle est donc très rare et il est vraiment exceptionnel de tomber sur elle.





Une question se pose. Pourquoi la Gesse annuelle est si rare? Est-ce qu'elle, considérée comme une plante méditerranéenne, est en train d'élargir son aire de répartition vers le nord parce que les printemps deviennent de plus en plus chaudes? Ou est-ce qu'elle a été présente dans le département déjà depuis longtemps, mais est devenue rare à cause de (par exemple) la destruction de son habitat? Ou est-ce qu'elle a été toujours rare?

À vérifier.


3 mai 2020

Cornouiller sanguin


En ce moment il fleurit et la pluie de ce début de mai ne le gêne pas du tout.


Le Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) est un arbuste très commun qui pousse presque partout où le sol est calcaire, et parfois aussi ailleurs.




Il produit des belles grappes de fleurs blanches, chaque fleur à quatre pétales, quatre étamines et un style.




A la fin de l'été il produit des baies noires.



Parfois il couvre les tas de pierres, des vieux murets, les coins sur des terres abandonnées, avec ses branches et feuilles qui deviennent rapidement rouges.





Ses feuilles sont sillonnées par des nervures courbées, on les reconnaît facilement.




28 avril 2020

Euphorbe de Séguier


Les côteaux calcaires ont encore un aspect assez aride, les fleurs qu'on y trouve en ce moment sont des espèces petites, la 'grande floraison' commence en mai. Cette Euphorbe de Séguier (Euphorbia seguieriana), plus grande, n'a pas beaucoup de compétition en ce moment.





Elle forme des touffes dispersées d'un jaune-vert lumineux.




Il est facile à voir que c'est une vraie Euphorbe, elle a les fleurs typiques avec les petites boules pendantes qui sont les débuts de fruits.



Les feuilles sont d'un vert bleuâtre et étroites comme les aiguilles d'un conifère mais pas si raides, elles sont douces au toucher.  On voit que l'image est prise en été, l'ombelle de fleurs à gauche est assèchée.





Toute cette verdure printanière donne une impression festive!


21 avril 2020

Aubépine monogyne


En ce moment il y a une explosion de floraison blanche. La responsabilité pour cette conflagration est partagée parmi plusieurs plantes, dont la plus importante est sans doute l'Aubépine monogyne (Crataegus monogyna).




Ici on la voit, un petit arbre, derrière une nuage de Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris).







Que elle est belle, cette Aubépine! Et en plus, elle sent bon!





Si on regarde bien on voit que chaque fleur n'a que une style (et une ovaire, mais celle-là est caché au fond de la fleur), de là le 'monogyne' dans son nom. Des étamines avec du pollen rose entourent le style.




L'Aubépine monogyne pousse dans des haies, en lisière de forêt, ou même carrément à l'ombre dans les bois. Souvent ses branches s'entremèlent avec celles d'autres arbres et arbustes.





En automne ses feuilles en forme de petites mains changent de couleur. Quelques fruits, drupes, de couleur rouge foncé sont encore là en attendant d'être mangées par les oiseaux.




20 avril 2020

Véronique des champs


La plupart des Véroniques ont des fleurs bleues et la Véronique des champs (Véronica arvensis) ne fait pas exception. Chez elle les fleurs sont vraiment petites.


Comme d'ailleurs la plante, ici tôt dans la saison dans une pelouse sèche.




Dans la corolle les pétales sont soudées entre elles pour former une sorte d'entonnoir. Chaque plante fait beaucoup de fleurs, mais parce qu'elles sont éphémères et se détachent facilement de la plante on voit plutôt les boutons et les fruits.




Celles-là sont en forme de coeur, une reste du style est encore visible. Les tiges s'allongent beaucoup après la floraison pour avoir de l'espace pour tous ces fruits.




La Véronique des champs est une plante commune. Comme son nom le dit, elle pousse dans les champs, mais aussi dans les jardins, des endroits à végétation éparse dans les pelouses, ou sur les vieux murs. Ou comme ici dans un lieu où on a brûlé des branches l'année dernière.


14 avril 2020

Epervière bleuâtre


Cela a commencé avec des feuilles tachetés de rouge foncé, des belles feuilles.





La couleur sombre des taches peut être plus ou moins foncé. Ces feuilles sont duveteuses.







Et la jeune tige aussi.





Maintenant les fleurs jaune soleil sont apparues. La floraison de l'Epervière bleuâtre (Hieracium glaucinum) commence quand les premières feuilles des arbres ce montrent, elle est plus précoce que chez les autres Epervières. Les fleurs ligulées sont dentées, on pense qu'un petit animal est venu pour les grignoter.



Souvent on trouve des grands groupes au même endroit.




L'Epervière bleuâtre égaie les bordures de forêt sur sol calcaire. Sa floraison n'est pas longue, quand mai arrive c'est déjà terminé.





Plus tard dans la saison. La plante est mangée par les pucerons mais les fruits avec leurs petites aigrettes sont encore présents.


5 avril 2020

Myosotis hérissé


Les feuilles de ce petit Myosotis hérissé (Myosotis ramosissima) sont teintées de de rouge. Les nuits encore froides l'ont incité à produire un pigment, l'anthocyane, qui protège la plante contre les tempétatures basses. C'est nécessaire, les pelouses calcaires avec une végération éparse, où il pousse, sont au début du printemps bien exposé au vent et au froid. Comme au soleil qui tape dans la journée d'ailleurs. Les plantes qui vivent ici doivent s'adapter à des circonstances dures.





Le Myosotis hérissé fleurit avec beaucoup de fleurs bleues. Un bleu spécial, typique pour les Myosotis. Bleu bébé, avec parfois une touche de rose ou jaune ou blanc, aussi bébé.






Avant la floraison les cymes avec les boutons de fleurs sont recurvées comme les nouvelles crosses d'une fougère. Cela est typique pour les plantes de la famille des Boraginacées à laquelle appartiennent les Myosotis. On distingue les différentes espèces de Myosotis surtout à leurs poils. Cet espèce a des poils courtes et lisses plaqué contre les tiges, les poils longs et légèrement courbés sur les feuilles, et des poils avec un petit crochet à la fin sur les capsules. Difficile à voir à l'oeil nu sur une plante si petite.





En général on trouve beaucoup de plantes de cet annuelle dans un même endroit.




Après la floraison les cymes s'allongent, le Myosotis hérissé produit beaucoup de fleurs pendant sa courte vie.


24 mars 2020

Luzule des champs


Ce printemps on n'a pas de choix, il faut limiter ses sorties botaniques à une zône très restreinte. La Luzule des champs (Luzula campestris) pousse souvent très proche des maisons, dans les pelouses pauvres.




Elle est une petite plante qui passe presque inaperçue parce qu'elle n'est pas vraiment voyante comparé aux autres fleurs de printemps. Même si elle pousse parfois en masse aux endroits qui la plaisent. Son inflorescence est brune, avec des glomérules de fleurs dont les tépales sombres ne donnent pas tellement une impression printanière.




Mais regardez de plus proche! Des petites étoiles bordés de blanc-crème d'où rayonnent étamines jaunes. Elle est belle quand-même!





Les luzules sont facile à reconnaître à leurs feuilles. Elles ressemblent aux feuilles d'une graminée ou d'une laîche, mais elles ont des poils longues et duveteuses sur les bords.





8 mars 2020

Muscari en grappe


Les plantes à bulbes ont une réserve de nourriture en stock pour une floraison précoce et rapide. Dans quelques jours, les hampes florales du Muscari en grappe (Muscari neglectum) sont apparues et montées en hauteur.



Les feuilles, ici étalées à l'horizontale, sont fines et pliées en gouttière, elles sont présentes bien avant la floraison.





Le Muscari en grappe ressemble les muscaris cultivés pour le jardin, mais il est plus petit et ses clochettes de fleurs sont plutôt ovales que rondes.

L'entrée au périanthe est marquée par six, deux fois trois, dents courbées de couleur plus claire.





Les fruits paraissent en été et ils ont trois lobes, et chaque lobe a deux parois et contient une graine noire. Comme la plupart des plantes monocotyles, le Muscari en grappe sait compter jusqu'à trois et il maîtrise les règles élémentaires de multiplication sur la base de trois.



Mais c'est le hasard qui fait que sur cet image on voit six hampes florales. Apparemment il y a six bulbes assez grandes pour produire des fleurs.