La flore du Périgord est riche et abondante et elle nous prépare des belles surprises. Dans ce blog vous trouverez des portraits d'une centaine de plantes et fleurs sauvages d'ici. Au fil des saisons des nouvelles espèces sont ajoutées.

Corine est botaniste et photographe et elle vous proposera des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord.
Pour en savoir plus regardez "Les Balades" et le "Calendrier" à droite de ce page.


A bientôt !



15 juillet 2018

Cirse des champs


Un matin de juillet, juste après le lever du soleil, dans un champ de culture en jachère.









Les premiers rayons éclairent les tiges des Cirses des champs (Cirsium arvense) avec leurs soies blanches. Le champ est parsemé des Andryales à feuilles entières (Andryala integrifolia) avec des petites têtes de fleurs jaune encore fermées, mais les cirses sont en majorité.







Il y a quelques semaines les Cirses étaient encore en pleine floraison, une masse de fleurs lilas-pourpre, avec ça et là une Andryale. Les Cirses des champs peuvent fleurir en grande quantité quand les circonstances sont propices. Il faut une terre fertile plus ou moins labourée et pas trop de compétition d'autres plantes, de préférence un peu d'engrais de l'an dernier, et surtout, des graines dans le sol. Pour ces graines, il suffit que l'année dernière il y avaient quelques Cirses qui ont pu fleurir et faire mûrir leurs fruits.








En bas de la tige le Cirse des champs a des feuilles bien épineuses comme un chardon, mais en haut il y a surtout des fleurs en petites têtes ovales sur tes tiges nues. Elles sont bien appréciées par les insectes. Un Cirse n'est pas un vrai chardon, même si il est aussi piquant. Les Cirses ont des soies plumeuses, cela veut dire que chaque poil dans l'aigrette des fruits est ramifié comme une plume d'oiseau. Les chardons ont des poils simples sans ramifications. C'est un détail, et il faut regarder de près pour le voir.





Maintenant la floraison est terminée, et les graines sont presque mûres, et les plantes mouriront en beauté.


2 juillet 2018

Lotier commun


Quand on se balade en été il est presque inévitable qu'on rencontre le Lotier commun (Lotus corniculatus).



Ici, au bord d'un chemin entre des champs de culture, il pousse en pagaille.











Des centaines de têtes de fleurs en forme de papillon.








Pendant la journée les fleurs sont tournées vers le haut, mais quand la nuit tombe, ils se penchent vers le bas. Ici, quand il y a encore des gouttes de rosée matinale sur les plantes, elles sont encore ensommeillées. La mouche également ne fait non plus l'impression d'être tellement réveillée.



Le Lotier commun est très variable. Il y existent des plantes avec des feuilles ovales  et des tiges plus ou moins couchées et des plantes avec des feuilles plutôt étroites et des tiges montantes.



Il y a presque toujours quelques fleurs orangées parmi les jaunes.






Maintenant les fruits commencent à se développer. Ce sont des gousses longues et droites et cylindriques, se terminant par une pointe.




16 juin 2018

Grande listère


Dans un coin sombre d'une forêt très verte après la pluie poussent quelques plantes avec une paire de feuilles presque blanches. Les Grandes Listères (Neottia ovata) sont déjà à la fin de leur floraison, et les plantes retirent la chlorophylle des feuilles pour la stocker dans les racines pour l'année prochain.





Au printemps les nouvelles feuilles paraissent.





Deux feuilles encore enroulées sortent des feuilles mortes.





Une hampe florale émerge, les boutons commencent à s'ouvrir et on voit que les fleurs sont vertes avec un long labelle. Oui, la Grande Listère est une orchidée.



Sous le périanthe avec le labelle bifurqué on voit le début du fruit qui commence à se developper.





Ici un groupe en pleine floraison. La Grande listère est assez repandue dans la région. On la trouve souvent en grandes quantités dans les forêts et sous-bois. Quand elles poussent dans des endroits lumineux, comme par exemple une clairière ou lisière de forêt, elles sont en général moins nombreuses.





15 juin 2018

Orobanche du panicaut


Le même pré fleuri, l'arrière-plan de la photo ci-dessous. Parmi les fleurs jaune des Hippocrépides à toupet une nouvelle Orobanche à côté d'une nouvelle feuille de son hôte.





L'Orobanche du panicaut (Orobanche amethystea) parasite le Panicaut champêtre (Eryngium campestre).



12 juin 2018

Lin purgatif


Dans une prairie fleurie on voit des toutes petites fleurs blanches parmi les fleurs jaune de la Hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa).





Le Lin purgatif (Linum catharticum) est un vrai lin aux tiges fines et feuilles oppposées et assez étroites. Elle est bien commune dans ce type de prairie, surtout sur calcaire, et elle fleurit une grande partie de l'été.




Avant la floraison les pédicelles sont recourbées vers le sol, et elles se relèvent quand la fleur s'ouvre.




Il faut se mettre à génoux et utiliser une loupe pour bien voir la fleur, mais quand on fait ce petit effort, elle s'avère une beauté.



Le fruit, une capsule presque ronde qui s'ouvre en cinq valves, ressemble bien aux fruits des autres Lins plus grands.







3 juin 2018

Ophrys abeille


Les Ophrys sont des orchidées qui utilisent une ruse pour attirer des abeilles et autres insectes pour la pollinisation. La fleur est construite de telle manière qu'elle ressemble à un insecte femelle posé sur une fleur ou feuille, et elle émet l'odeur des phéromones. Le labelle est brun, souvent avec des lignes et taches contrastants et les sépales sont verts ou de couleur comme une fleur.






Voilà l'Ophrys abeille (Ophrys apifera). En Dordogne, elle est la plus tardive des Ophrys. Maintenant elle est en pleine floraison. On voit les trois sépales roses, et posé dessus, 'l'insecte' formé par le labelle, avec à gauche et droite des gibbosités comme 'pattes'. Deux petits pétales forment les 'antennes' (même si ils ressemblent plutôt des oreilles, mais l'insecte visiteur n'a pas la même manière de voir que nous). L'organe vert et jaune au milieu est le gynostème, l'ensemble des étamines et du stigmate spécifique pour les Orchidées.

Le bouton en haut est en train de s'ouvrir, le labelle brun émerge déjà. Le bouton est à l'envers, et pendant l'ouverture la fleur se retourne 180°.










Ici une vue latérale. Le labelle est prêt à recevoir un insecte dans ses bras. On voit deux pollinies, des petites massues jaunes de pollen sur des tiges fines. L'une est encore cachée dans le gymnostème, l'autre est sortie. A la base de la tige de la pollinie se trouve une sorte de colle, et quand une abeille atterrit sur le labelle, la pollinie se détache et se colle à la tête de l'insecte, qui peut l'amener vers une autre Ophrys abeille. L'autofertilisation est aussi possible, quand la pollinie se courbe vers le stigmate dans la gorge de la fleur.

Un système bien compliqué mais apparemment efficace.






Que du bonheur dans le pré!


30 mai 2018

Orobanche grêle


Les Orobanches sont des plantes sans chlorophylle qui parasitent des autres plantes. L'Orobanche pousse sur les racines des son hôte, et au printemps son tige émerge à côté de la plante parasitée. Il n'y a pas de feuilles, la plante n'en a pas besoin, parfois il y a quelques écailles. En Dordogne on trouve une dizaine d'espèces. L'Orobanche grêle (Orobanche gracilis) est très coloriée comparé à la plupart des autres Orobanches.


Elle pousse sur plusieurs espèces de Fabacées. Non, le cône de pin est juste pour donner une idée de sa petite taille. Les feuilles et une fleur de Hippocrépide à toupet sont bien visibles sur les photos.




L'Orobanche grêle fleurit début mai, et on ne la trouve pas souvent, même si les plantes qui peuvent servir comme hôte ne sont pas rares du tout.




Il est facile de distinguer l'Orobanche grêle des autres Orobanches, l'intérieur de la corolle est rouge brillant, bien contrastant avec le stigmate jaune. L'extérieur de la corolle des Orobanches porte souvent des poils glanduleux, ici les poils sont jaune.