Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee, botaniste et photographe, vous propose également des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord. Pour en savoir plus regardez sur baladebotanique.fr.

Son site photographie est corineoosterlee.com.


19 janvier 2021

Renoncule bulbeuse

Beaucoup de plantes font en automne des rosettes au ras du sol. C'est un peu risqué, parce qu'il ne faut pas que les feuilles gèlent.  La Renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus) ne craint pas trop de givre; grâce a un concentré de sucres dans la sève elles sont protégées. 

 


Et si quand-même quelques feuilles disparaissent, pas de problème, la plante fera des autres. 

Comme son nom le dit, la Renoncule bulbeuse fait une bulbe. Juste au-dessous du collet la racine s'élargit. Si on creuse un peu, on trouve une sorte de navet grand comme une bille.



Au printemps la plante se développe et maintenant on voit que ses fleurs ressemblent à celles des autres Renoncules bouton d'or.  Contrairement à beaucoup de ces autres Renoncules jaunes, celle-ci aime les milieux secs et pauvres comme les pelouses calcicoles. 

 


Un peu de rosée et on voit que la plante est hirsute, surtout les sépales, jaunes et recourbées vers la tige pendant la floraison. Comme chez beaucoup de Renoncules, les feuilles de la rosette et le bas de la tige sont différentes de celles sous la fleur.

 


 

Entre une couronne de petales et une couronne d'étamines, toutes les deux aussi jaunes que la fleur, on voit déjà les fruits se développer.


30 décembre 2020

Chêne vert

Ce grand arbe garde ses feuilles en hiver. Il peut former des vrais forêts, surtout sur les collines sèches et calcaires, mais pas seulement là; en Périgord plusieurs stations sur soil sablonneux sont connues. C'est le Chêne vert (Quercus ilex). 



 

Oui, c'est un vrai Chêne, il produit des glands.



 

Ici, ils sont encore petits. On voit surtout la cupule, d'où le gland commence à pointer le nez. Les restes de la fleur femelle sont encore présentes comme une petite étoile brune.



Le Chêne vert fait automne et printemps en même temps. Les feuilles, qui peuvent rester sur l'arbre pendant plusieurs années, perdent leur chlorophylle et tombent au mois de mai. Au même temps, l'arbre fait des nouvelles pousses et des fleurs. Les jeunes feuilles sont d'un vert tendre et elles et aussi les branches sont couvert d'une sorte de feutre grise.



Au sommet de la branche, à l'aisselle des nouvelles feuilles, on voit quelques fleurs femelles toutes petites. Les écailles brunes sont les restes des boutons de feuilles. 

 


 

Les châtons mâles sont plus grands. On trouve les deux sur le même arbre.

Le Chêne vert pousse un peu plus lent que les autres chênes du Périgord, mais il supporte bien la châleur et la sècheresse. Le réchauffement climatique, avec ses étés plus chauds et plus secs n'est pas bon pour les chênes, mais cet espèce a un avantage compétitif par rapport aux autres chênes. 

C'est un arbre sauvage, mais en Dordogne on trouve beaucoup de souches venues d'ailleurs. Mycorrhizé avec la truffe, le Chêne vert est planté pour cultiver cette champignon à l'odeur typique.

 




18 décembre 2020

Prunellier

 

Ces fruits bleus, les prunelles, ne sont comestibles que après les gelées, si non, elles sont trop acides et astringentes. Ils poussent sur un petit arbuste très épineuse, le Prunellier (Prunus spinosa).  



 

Il est très commun en Dordogne, on le trouve à la limite des chênaies et sur les champs agricoles abandonnées surtout sur calcaire. Le Prunellier est drageonnant, en dans quelques années ses tiges peuvent former des haies denses et impénétrables. 

 


Cela fait un peu peur!

 



Mais les araignées adorent.




 

Et apparemment, il fait un bon support pour plusieurs espèces de lichen.

Il est une des premières Prunus à fleurir au printemps, et il le fait abandomment. Ci-dessous, les fleurs ont déjà perdu leurs petales.

 


Seulement les petits pinceaux des étamines sont encore présents. Et maintenant, il faut attendre pour les fruits.

27 novembre 2020

Dompte-venin officinal

Dans cette pelouse les herbes sont couvertes de gouttes de rosée et de toiles d'araignée. Quelques plantes jaunes attirent l'oeil. Ce sont des pieds de Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria) en tenue d'automne.

 


 

 

Ils poussent surtout sur sol calcaire, sur les pelouses ou dans un bois de chênes pubescents où le soleil éclaire le sol entre les arbres.



 

Ici une coupe récente en été. Après la disparition des arbres beaucoup de plantes ont profité de la lumière et l'espace est bondé. Le Dompte-venin officinal paraît un peu perdu dans la verdure.

 

 

Il a beaucoup de petites fleurs crème. Les petales sont un peu épais. Les feuilles opposées sont souples et fines. Avec un peu d'effort on peut comprendre que le Dompte-venin officinal est un cousin de la Pervenche, la forme des fleurs et le nombre de petales, et aussi les feuilles se ressemblent, même si la Pervenche a des petales souples et fines et des feuilles plutôt épaisses.

Le Dompte-venin a une certaine réputation comme contre-poison après une morsure de serpent. Mais peut-être cela vaut mieux d'éviter cette rémède pour ne pas se faire empoisonner deux fois. Malgre l'officinal' dans son nom, cette plante est vraiment toxique.



Mais belle!

(Les baies rouges qui font un si beau contraste sont d'une autre plante, elle aussi vénéneuse, le Tamier commun.)



2 novembre 2020

Passerage de Virginie

On peut le trouver une grande partie de l'année en fleur, le Passerage de Virginie (Lepidium virginicum). Il fait beaucoup de petites fleurs blanches minuscules, et si pour une raison ou autre une de ces tiges est coupée, il recommence tout simplement à faire des tiges et des fleurs.




Souvent on voit fleurs, fruits, et restes de fruits sur une même plante. Les fruits sont des petites disques écranchées au sommet.

 


 

Au début de la floraison il a encore beaucoup de feuilles, allongées et légèrement dentées; au cours de la saison il perd la plupart de ses feuilles et fait surtout des fleurs et fruits. Comment est-ce qu'il arrive à se nourrir avec si peu de chlorophylle? Il n'a pas beaucoup de réserve dans les racines, c'est une plante annuelle. Peut-être qu'il ne se nourrit pas trop, il met sur la réproduction pour sa survie et il produit autant de graines que possible jusqu'à son épuisement.




 

Ici une plante bien developpée. Il a le port érigé typique pour les Passerages. On trouve le Passerage de Virginie en général dans des endroits anthropogènes, comme ici sur un chemin en castine pas trop fréquenté.

 


30 octobre 2020

Héliotrope commune

Cette plante avec ses petites fleurs blanches commence à fleurir après l'été et continue à faire des fleurs jusqu'en octobre. L' Héliotrope commune (Heliotropium europaeus) pousse en général dans les champs de culture après recolte, et dans des habitats comparables comme les jardins potagers.

 



Les fleurs sont petites, mais il y en a beaucoup. En ce moment on voit surtout les graines qui se développent le long des tiges.


Chaque tige se termine dans une cyme scorpioïde qui se déroule et se rallonge au fur et à mésure de la floraison. Ce type de cyme on trouve aussi chez des autres réprésentants de la famille des Boraginaceae (les Myosotis par exemple).




 

Ici le 'sommet' d'une cyme au début de la floraison. Les feuilles sont un peu gauffrées et hirsutes, aussi un trait distinctif de cette famille.  








17 octobre 2020

Calament faux Népéta

 

Surprise! Un champ de céréales en friche après la récolte en été a changé de couleur. Il est couvert de plantes lilas. Et une odeur épicée émane de cette végétation. Le Calament faux Népéta (Clinopodium nepeta subsp nepeta) est en fleur et il sent fort, un peu menthe, un peu pharmacie. La plupart des Calaments sont parfumés, mais ils sont discrets comparé à celui-ci.

 



Vous ne risquez pas de sentir souvent ce parfum, le Calament faux Népéta est très rare. On le trouve surtout dans les champs de culture et il n'aime ni l'engrais ni les herbicides. Donc on comprend pourquoi il est si rare.

 


 

Comme les autres Calaments, il est une plante d'automne. Avant août on ne le voit pas, et sa floraison continue jusqu'à novembre. Il porte des verticilles de petites fleurs avec des calices avec des dents courtes, critère important pour le distinguer de ses cousins.

 

Ces petites touffes denses sont au plus bel effet parmi les pierres de ce champ.

On espère de le revoir l'année prochain!