La flore du Périgord est riche et abondante et elle nous prépare des belles surprises. Dans ce blog vous trouverez des portraits d'une centaine de plantes et fleurs sauvages d'ici. Au fil des saisons des nouvelles espèces sont ajoutées.

Corine est botaniste et photographe et elle vous proposera des Balades Botaniques guidées et autres activités autour de la flore sauvage, la végétation et la nature en Périgord.
Pour en savoir plus regardez "Les Balades" et le "Calendrier" à droite de ce page.


A bientôt !



9 décembre 2009

Petit Gris


Un champignon n'est pas une plante. Il n'a pas de photosynthèse mais il est saprophyte, c'est à dire qu'il ne retire pas du soleil l'énergie dont il a besoin pour vivre, mais des substances organiques dans le sol. Les organismes photosynthétiques obtiennent leur carbone de l'air, les champignons, des organismes hétérotrophes, l'obtiennent d'autres organismes. Comme les plantes ils ont des parois cellulaires, mais celles-ci contiennent de la chitine au lieu de cellulose. Les champignons font part du large règne fongique.


On peut trouver le Petit Gris (Tricholoma terreum) sous des pins et sapins jusqu'aux premiers gelées (et parfois même après).















Ils sont comestibles et même bons à manger!


Voilà une partie d'un rond de sorcières de Petits Gris. Il y a un arbre au milieu du rond - sur l'image on voit l'ombre. Le mycélium sousterrain s'étend dans une circle, et les champignons sporophores - les 'fleurs' du mycélium - émergent du sol en bordure. Dans le rond on ne voit que des mousses et à peine d'autres plantes, le mycélium empêche leurs racines de pousser. Hors d'atteinte du mycélium, l'herbe pousse comme d'habitude. Après la disparition des champignons le rond sera encore visible.


8 décembre 2009

Miroir


Les feuilles sont tombées et les branches presque vides se reflètent dans l'eau ...


2 octobre 2009

Bagnole


Mais où sont les bagnoles d'antan?

 

Elles gîsent sous les arbres ...

24 septembre 2009

Tamier commun


Dans l'Afrique de l’Ouest et autres régions tropicales on mange les racines de certains Dioscoreacées sous le nom d'ignames ou yams. Leur cousin en France, le Tamier commun (Tamus communis), a aussi une grande racine mais celle-ci n'est pas comestible du tout.



Les baies oranges et rouges de cette plante grimpante font des guirlandes dans les petits bois et arbustes.















Le haillon gris qu'on voit ci-dessus a été vert et luisant il y a quelques mois:





14 septembre 2009

Argus bleu


Au lever du soleil des milliers de petits Argus bleus (Polyommatus icarus) attendent la chaleur des premiers rayons.


Quand ils sont endormis on ne voit pas la face supérieure de l'aile, de couleur bleu ciel, d'où vient le nom de ce papillon.
















Oups! Lui, il n'a pas eu de la chance! Une araignée-crabe!


6 septembre 2009

Spiranthe d'automne


Presque toutes les orchidées fleurissent en printemps ou en été. Mais celle-ci fleurit en automne. On trouve le Spiranthe d'automne (Spiranthes spiralis) dans l'herbe courte des prés maigres.


Ses fleurs sont posées en hélice autour de la tige. Chez beaucoup de plantes les feuilles et les fleurs sont arrangées en forme de spirale autour de la tige, mais ici la hélice est bien frappante.














Le Spiranthe d'automne n'est pas grand, dix ou quinze centimètres, avec des fleurs d'à peine quelques millimètres. Il a un parfum léger de vanille.


30 juin 2009

Panicaut champêtre


Les feuilles épineuses qui grattent les chevilles quand on traverse une prairie sont du Panicaut champêtre (Eryngium campestre).


Il est facile à reconnaitre par sa couleur; une couche de cire qui protège la plante contre les coups de chaleur la donne son aspect vert-bleuâtre.













On dirait un chardon, une plante épineuse avec des fleurs en capitules. Mais non, le Panicaut champêtre ne fait pas partie de la famille des Asteracées comme les chardons, mais de la famille des Apiacées. Les membres de cette famille ont des ombelles, comme on voit bien chez la carotte sauvage ou le fenouil.



Avec le Panicaut champêtre les pédoncules des fleurs individuelles sont tellement raccourcies qu'on ne les voit plus. Les bractées forment une couronne au-dessous les fleurs.

22 juin 2009

Hippocrépide à toupet


L'Hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa) pousse dans des endroits secs et ensoleillés, parfois en masse.


Le matin, les fleurs encore endormies, couronnées de rosée ...

















... et plus tard dans la journée, éveillée.


11 juin 2009

Sauge commune


La Sauge commune (Salvia pratensis) n'est pas une sauge qu'on peut utiliser pour assaisonner les plats; elle est presque inodore.



La floraison est presque terminée, et les tiges en fleur qui restent seront bientôt fauchées, en même temps que l'herbe dans les prairies où elle pousse.















La Punaise assasin (Rhinocoris iracundus) se pose entre les fleurs à l'affût. Elle suce sa proie, un autre insecte, avec son rostre.















Elle semble préférer la Sauge commune. Pourquoi? Oui, son rouge va bien avec le bleu de la fleur, mais probablement la vanité n'entre pas dans les déliberations de la bête. Et il n'y a pas plus d'insectes sur les sauges que sur les autres fleurs, paraît il. Pourquoi donc?

1 juin 2009

Graminées


La floraison des graminées est de courte durée.


Aujourd’hui il est difficile de trouver une seule panicule du Brome des prés (Bromopsis erecta) en fleur, mais il y a une semaine on pourrait voir presque partout ses anthères jaunes agitées par le vent.













Pour voir l’Amourette (Briza media) en fleur, il faut également attendre presqu'un an. Ici une jeune sauterelle se repose entre les épillets.















L’avoine dorée (Trisetum flavescens) est encore en pleine floraison. Maintenant ses panicules fines sont plutôt argentées que dorées.















Dans cette prairie hier soir le soleil couchant faisait sortir les couleurs des trois espèces. Rose-pourpre pour les Amourettes, jaune pour le Brome des prés, mélangé avec les panicules blanches de l’Avoine dorée.


19 mai 2009

Muscari à toupet



Cette araignée crabe ne construit pas une toile, mais se pose dans une fleur en attendant une proie. Quand un insecte arrive à la recherche du nectar, elle le saute sur le dos et le tue. Oui, c'est bien une 'elle', les mâles sont beaucoup plus petits. Ici elle a choisi un Muscari à toupet (Muscari comosum).









Maintenant on trouve le Muscari à toupet au bord des routes et dans des prairies. C’est une plante bulbeuse, comme les muscari qu’on trouve dans les jardins.


Sur la photo ici on voit bien qu’elle a deux types de fleurs. En bas il y a des fleurs pourpres ou brunâtres qui sont fertiles. Avec sa partie supérieure la plante attire les insectes (et les araignées) avec des fleurs infertiles d’un bleu flambant.


9 mai 2009

Spirales


Dans la plupart des plantes vasculaires les jeunes feuilles sont pliées ou enroulées en forme de cylindre. Pas dans les fougères, leurs jeunes frondes font des spirales. Maintenant c’est le moment de les chercher. Les deux espèces suivantes sont faciles à trouver.


La Langue de Cerf (Asplenium scolopendrium) pousse dans l’ombre des arbres, sur des pentes raides et pierreuses.
















Et la Fougère Aigle (Pteridium aquilinum) couvre le sol dans des chênaies et châtaigneraies.


4 mai 2009

Deux ophrys


Voilà les deux orchidées les plus petites de Trémolat, seulement quelques centimètres de hauteur. Attention de ne pas les écraser sous les pieds! Elles poussent dans des lieux arides avec peu de végétation. Une clairière dans une chênaie ouverte, mais aussi un endroit qui n’a pas l’air belle ou naturelle du tout. Le genre de lieu où les gens brûlent leurs ordures ou font du motocross.

Toutes les deux font partie du genre des Ophrys, dont les fleurs ressemblent à un insecte posé sur une fleur. Au moins, certains abeilles mâles sont convaincus qu’il s’agit des abeilles femelles ; ils essayent de copuler avec la fleur et emmènent donc le pollen d’une fleur à une autre.



La première c’est l’Ophrys jaune (Ophrys lutea).


















Et ci-dessous l’Ophrys sillonné (Ophrys sulcata).

















Ces espèces méditerranéennes ont leur limite nord dans cette partie de la France. Peut-être parce qu’elles ne supportent pas le froid; peut-être que leurs pollinisateurs ne peuvent vivre que dans les climats doux.

26 avril 2009

Orchis mâle


Il y a trop de pluie cet avril!


Ici un hymenoptère se refuge dans une fleur d’un Orchis mâle (Orchis mascula). Les fleurs d’orchidées ont, comme tous les monocotyles, trois sépales et trois pétales. Le sépale dorsal et deux petales forment une parapluie au-dessus de la tête de l’insecte. Celui-ci est assis sur le troisième pétale, un labelle avec des taches foncées pour montrer où se trouve le nectar. Mais l'insecte ne cherche pas à manger en ce moment. Les deux autres sépales sont pliés en arrière.





On trouve les Orchis mâles dans les bois de feuillus et les fleurs apparaissent avant que les nouvelles feuilles sur les arbres abriteront le sol de la lumière du soleil. Les feuilles de l’Orchis mâle sont d’un vert foncé avec des taches brunâtres. Malgré leurs couleurs frappantes les plantes ne sont pas tellement faciles à voir parmi les feuilles mortes sous les arbres.


18 avril 2009

Polygala des sols calcaires


Exceptionnelles parmi les plantes sauvages, ici des fleurs de couleurs différentes de la mème espèce font un méli-mélo.



Bleu et blanc dans la pélouse, c’est le Polygala des sols calcaires (Polygala calcarea).

















Les petites fleurs sont bien pourvues d’ornements. Le pétale frangé, blanc sur la photo, sert comme piste d’atterrissage pour les abeilles et les papillons, lesquelles, pour atteindre le nectar, doivent mettre leur proboscis entre deux ailes bleues.


14 avril 2009

Ophrys occidental


Depuis quinze jours les premières orchidées sont en fleur à Trémolat. Elles sont des réprésentantes de la groupe des Ophrys araignées. Voilà la plus précoce, l’Ophrys occidental (Ophrys occidentalis). C’est une petite plante vert pâle, 10 à 20 cm haut. On l’écrase facilement sous le pied quand on la cherche.



Sur le labelle velouté on voit le miroir, une tache plus claire, qui la fait ressembler un peu à une araignée. Au moins dans l’opinion humaine; certaines abeilles sont convaincues qu’il s’agit d’une autre abeille posée sur une fleur verte. Il y a même des yeux!


3 avril 2009

Grande prêle


Beaucoup a changé depuis il y a cent millions d’années, mais pas les créatures insolites ci-dessous.


Elles sont les sporophores de la Grande Prêle (Equisetum telmateia). Pendant le Crétacé plusieurs espèces de plantes vasculaires existaient déjà. (Pas ici en Dordogne; la plus grande partie de la France d’aujourd’hui était au-dessous du niveau de la mer.) Comme les dinosaures la plupart d’entre elles ont disparu ou au moins changé beaucoup, mais pas la famille des Equisetacées. Maintenant on peut trouver des prêles qui ressemblent vraiment leurs ancêtres.














Les sporophores de la Grande Prêle n’ont pas de chlorophylle. Dans quelques semaines les tiges vertes végétatives de la plante paraîtront.








24 mars 2009

Clandestine


Ces taches pourpres sous les peupliers ... c’est quoi?


Cette masse de fleurs entre les feuilles mortes, c’est la Clandestine (Lathraea clandestina). Un parasite qui vit sur les racines du peuplier.















C’est une plante souterraine, on ne voit que ses fleurs et parfois quelques bouts de tiges blanches qui émergent du sol. Entre les écailles blanches les boutons des fleurs apparaissent.


11 mars 2009

Processionnaire du pin


Maintenant les Processionnaires du Pin (Thaumetopoea pythiocampa) ont les fourmis dans les jambes. Elles quittent la barbe à papa dans un pin où elles ont passé l’hiver et descendent vers le sol, en formant une chaîne.



Toute la procession se déplace lentement vers un endroit ensoleillé où le sol est meuble. Arrivées là, les chenilles se regroupent et, avec des mouvement rythmiques, s’enterrent tous ensemble pour commencer la nymphose.












Est-ce qu’il faut être intelligent pour avoir un comportement social complexe comme ces chenilles ?

Pas nécessairement. Il suffit de suivre quelques règles simples pour avoir un comportement de groupe assez complexe. Comme par exemple:

(1) Quand les jours deviennent assez longs et chauds, tu quittes ton nid et tu prends la direction ‘en bas’.
(2) Tu t’attaches à la queue d’une collègue.
(3) Si tu ne trouves pas de queue libre, tu te déplace vers un endroit où la terre sent mieux parce qu’elle est plus ensoleillée et meuble.
(4) Quand tu ne peux plus trouver un lieu qui sent mieux, tu t’arrêtes à marcher et tu commences à faire des mouvements latéraux rythmiques.
(5) Si tu aperçois les mouvements latéraux rythmiques d’une collègue, tu fais aussi ces mouvements, aussi proche d’elle que possible, mème si t'es obligée de lâcher la queue que tu suivrais.
(6) Quand il n’y a plus de lumière (parce que tu es enterrée ou parce que la nuit a tombée) tu ne bouges plus.

Pas besoin de réfléchir, pas besoin de commandant, pas de problèmes de gestion...

7 mars 2009

Ficaire


On a besoin d'un peu de printemps...


... et voilà le Ficaire (Ranunculus ficaria)!

16 février 2009

Mâche sauvage


Maintenant on peut ramasser au bord de la route assez de verdure pour remplir une petite saladière. Il s’agit de Doucette (Valerianella locusta), la cousine sauvage de la mâche potagère qu’on achète au supermarché. Elle n’est pas difficile à trouver, les rosettes de feuilles d’un vert très clair poussent dans des jardins et des champs cultivés, où en automne les graines germent quand les jours froidissent. On ne la mange qu’en hiver, les feuilles perdront leur goût au printemps quand les fleurs se forment.


La Doucette fait partie de la famille des Valérianacées, dont les réprésentants sont caractérisés par leurs branches bifurquées. Ici on voit bien la symmétrie qui en est le résultat.


8 février 2009

Lichens


Les lichens sont des associations de deux organismes différents qui vivent ensemble, un champignon et une algue verte. Le champignon ramasse l’eau et les minéraux dont tous les deux ont besoin; par la photosynthèse l'algue produit des nutriments pleins d’energie. Pour vivre le champignon a besoin de l’algue;par contre l’algue peut bien vivre sans le champignon. Les lichens poussent très lentement et on ne les trouve que dans les lieux où ils ne sont pas en compétition avec des autres plantes. Sur un rocher, ou comme ici sur une branche d'arbre. Dans l’air ou sur le rocher ils trouvent assez de minéraux pour vivre. Sans problème ils survivent des mois sans une goutte d’eau, ils deviennent inertes et perdent toute activité biologique.



On classe les lichens selon leur forme, faute de meilleur critère. Il serait plus logique de les classer selon les organismes composants, mais beaucoup de lichens ne sont pas encore bien décrits, et peut-être il y existent plus de combinaisons possibles d'algues et champignons qu’on connaît. Sur la photo on voit à gauche un lichen fruticuleux et à droite et en bas un lichen foliacé.







Des particules qui se détachent du lichèn-père, des boulettes de champignons et algues, se déplacent avec le vent et commencent à pousser dès qu’elles tombent dans un lieu qui les convient. Voilà la méthode habituelle de se propager du lichen. Le champignon comme l’algue ont aussi une manière de se reproduire séparément par un échange de matériel génétique. Il faut bien que le nouveau champignon qui naît des spores du champignon trouve une algue pour pouvoir former un nouveau lichen.

16 janvier 2009

Chatons


Les températures sont à peine au-dessus de zéro, mais depuis la semaine dernière les premiers Noisetiers (Corylus avellana) sont en fleur.



Des centaines de chatons mâles pendants donnent aux arbres une nuance de jaune.

















Les fleurs femelles sont tellement petites qu'on ne les voit que quand on les cherche. Elles n'ont pas de pétales, seulement quelques pistils rouges et gommeux d'environ un millimètre sont visibles. En général elles commencent à fleurir environ deux semaines après les chatons mâles, peut-être pour éviter la pollinisation par la même plante.

11 janvier 2009

Cornouiller sanguin



Le soleil d’hiver donne de la couleur aux branches du Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea). Un pigment rouge, l’anthocyanine, se forme sous l’influence de lumière et de froid et protège les tiges contre le coup de soleil.



Le cornouiller est très commun dans les broussailles et lisières des bois sur sol sèche et calcaire.

















Il fait des taches de couleur dans le paysage hivernal, comme on voit quand on regarde avec les yeux mi-clos.


4 janvier 2009

Brachypode des rochers


Dans les prairies calcicoles où il y a beaucoup d’orchidées on trouve aussi la Brachypode des rochers (Brachypodium rupestre). C'est une graminée qui pousse en grandes touffes et on peut la reconnaître facilement parce qu’elle est plus rugueuse et grosse que les autres graminées qui l’entourent. En hiver elle est jaune blond.


Ce matin le givre la rend belle.



















En été son vert clair la distingue des autres graminées.



1 janvier 2009

Fragon faux Houx


Avant les fêtes on vendait aux marchés des branches vertes et épineuses aux baies rouges, comme décoration pour Noel. Pas besoin de les acheter; le petit arbuste pousse en abondance dans les bois, on peut sans problème ramasser quelques branches pour décorer la maison.


Un petit buisson aux tiges raides et droites, le Fragon faux houx (Ruscus aculeatus) pousse dans l’ombre des arbres à feuilles caduques. Les baies rouges restent tout l'hiver sur les branches.














Si on regarde bien on peut encore trouver quelques très petites fleurs verdâtres. La fleur donne l'impression d'être posée au centre d'une feuille. Ceci n'est pas le cas; au lieu des feuilles le faux houx a des cladodes, des branches aplatis en forme de feuille, et en fait la fleur est posée sur une branche. Le Faux houx ressemble un peu l’asperge qui est de la même famille et qui aussi a des cladodes.