Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.
Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.
10 février 2019
Charme
Le Charme (Carpinus betulus) est un arbre très commun en Périgord. Il pousse surtout sur des versants nord et dans les vallées profonds, où il peut former des forêts étendues et ombragées. Il a remplacé les Hêtres, qui ont quasiment disparus de Dordogne. Même type d'arbre, à peu près le même habitat. Normalement les charmes n'atteignent pas un grand age. On ne rencontre pas tous les jours un vieux Charme comme celui-ci. Ce Mathusalem est plutôt haut que large, et son son tronc montre un réseau d'épaisseurs, comme si l'arbre serait composé de plusieurs troncs fins et entrelacés.
C'est normal pour un Charme d'avoir le tronc cannelé, comme on voit ci-dessous. Si on ne le voit pas, on peut le sentir en passant ses doigts sur l'écorce fine pour sentir le bois ondulé au-dessous.
A peine visible sur la photo: les boutons commencent à grandir dans ce bosquet encore bien hivernal. Le Charme developpe ses feuilles un peu avant les Chênes et Châtaigniers. Encore quelques semaines et les boutons commencent à éclore.
Et voilà, fin mars, les feuilles!
Elles ressemblent aux feuilles d'un Hêtre, mais elles sont plus mates et d'un vert plus clair, et il n'y a pas de poils sur les bords.
Les châtons - ici les mâles - se développent en même temps que les feuilles.
Ils bougent avec le vent qui transporte les pollen où il veut.
30 janvier 2019
Chèvrefeuille des haies
Voilà une Chèvrefeuille qui ne grimpe pas.
En hiver la Chèvrefeuille des haies (Lonicera xylosteum) semble une arbuste un peu quelconque. Pas trop grand, des tiges opposées d'un gris clair, et encore quelques feuilles ovales, elles aussi opposées. Les feuilles qui restent sont sales et jaunâtres après une longue saison de photosynthèse.
On la trouve assez souvent dans nos bois, souvent en lisière mais aussi dans l'ombre sous les arbres, avec une légère préférence pour les sols calcaires. Ici on le voit en plein été. On ne dirait pas tout de suite une chèvrefeuille.
Au printemps, quand elle fleurit, on voit bien que la Chèvrefeuille des haies est une vraie Chèvrefeuille.
La forme des feuilles, la couleur des nouvelles tiges, et surtout les fleurs odorantes: sans équivoque une Chèvrefeuille. Parce que les fleurs n'ont pas de tube longue, elles sont accessibles pour beaucoup d'insectes, pas seulement par les papillons.
Quel plaisir de la rencontrer!
20 décembre 2018
Capillaire des murailles
Dans une forêt de chênes et hêtres sur une pente où il n'y a que rarement le soleil, haut au-dessus de la Dordogne, il y a quelques falaises. Ici, sur un paroi de roche calcaire, pousse cette petite fougère.
C'est une Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes), mais laquelle? En Dordogne il y a trois sous-espèces, et celle ci-dessus est bien atypique.
En général, les Capillaires des murailles poussent, oui, sur des murailles, mais aussi sur des parois rocheux comme ici. Elles ont toutes des frondes avec un rachis, la tige centrale, brun foncé avec deux rangs de pennes, petites feuilles vertes, simples.
Voilà une Capillaire des murailles comme on le voit presque partout, le sous-espèce le plus commun: Asplenium trichomanes subsp. quadrivalens. Elle a des frondes assez longues qui s'atténuent vers le sommet, avec des pennes régulières légèrement dentées.
Le sous-espèce ci-dessous on trouve surtout sur des parois calcaires comme dans les falaises ou à l'entrée des grottes.
La Capillaire des murailles à rachis épais (Asplenium trichomanes subsp.
pachyrachis) est beaucoup plus rare, déjà parce que les parois calcaires, on ne les trouve pas partout, même en Périgord. Elle est plus petite et ses frondes sont vraiment collées contre la surface du rocher. Les pennes se couvrent un peu.
Mais cette plante? Elle la ressemble un peu, mais...
Elle a des pennes longues plutôt espacées et elles sont lobées comme des petites mains. La penne au sommet de la fronde est au moins deux fois plus grande que les autres. Les frondes ne sont pas vraiment collé contre la surface du rocher, elles se détachent plutôt, et elles ont la même largeur sur toute leur longueur. Elle ne ressemble pas trop aux autres Capillaires des murailles de Dordogne, elle ressemble un peu à une sous-espèce qui pousse exclusivement dans les Alpes. Improbable de la trouver ici...
En plus, quand on regarde le dessous d'une fronde fertile, comme au centre de cet image, on voit qu'il n'y a pas beaucoup de sores. Les sores sont les petites structures, ici blanchâtres, où se développent les sporanges, ici des tout petits ronds noir. Est-ce qu'il y a des spores fertiles dans les sporanges? Il faut une microscope pour le savoir.
Est-ce qu'il est possible qu'on a affaire à une hybride? Peut-être. On ne connaît pas encore bien les Capillaires et on ne sait pas exactement comment et en quoi les espèces et sous-espèces se distinguent. Ce sont des petites plantes pas trop voyantes et souvent elles poussent dans des endroits difficilement accessibles. Pas facile pour les botanistes.
6 décembre 2018
Crépis de Nîmes
Au cimetière il n'y a pas seulement les Chrysanthèmes fanés du mois dernier. Au pied d'une tombe des petites fleurs jaunes commencent à s'ouvrir.
Le Crépis de Nîmes (Crepis sancta subsp. nemausensis) est une petite Asteracée qui fleurit en général à la fin d'hiver ou début de printemps dans les régions méditérranéennes. Les dernières années il monte vers le Nord, et maintenant il est commun en Dordogne. Mais il est assez inhabituel qu'il est en fleur les premières journées de décembre.
On ne le trouve pas seulement dans les cimétières, aussi dans les vignobles, jardins et en ville, sur des lieux plus ou moins piétinés.
Ses petites rosettes vertes sont visibles parmi les autres espèces printanières longtemps avant que la floraison commence. (La rosette vert-bleu est d'un Laiteron épineux (Sonchis asper), et dans l'image il y a au moins huit autres espèces de plantes visible).
En plein soleil, les fleurs s'ouvrent complètement.
4 décembre 2018
Châtaignier (2)
Le Chataignier (Castanea sativa) a des belles feuilles, longues et régulières et d'un vert intense.
En automne elles tombent en octobre, un peu avant celles du Chêne. Au moins dans des années normales, cette année on va voir encore des feuilles sur les arbres à noël!
Les feuilles du Châtaignier sont dentées et les dents ont une fine pointe. La décomposition par des champignons et bactéries fait des petites taches noires sur les feuilles.
Beaucoup de Châtaigniers terminent leur vie quand ils sont encore jeunes, pour faire des piquets on n'a pas besoin des grands diamètres. Le bois de châtaignier est quasiment imputrescent et donc assez durable. Jadis on l'utilisait également pour les tuteurs dans les vignobles et pour les cerclages des tonneaux.
La plupart des forêts de Châtaigniers en Dordogne ont la forme de taillis. Des bouquets de troncs pas trop épais qui sont des repousses après la coupe d'il y a une dizaine d'années ou plus.
On voit que ces petits troncs ne sont pas toutes en bonne santé, le Châtaignier vivant est sensible a l'encre et le chancre et aussi à d'autres maladies.
Cet arbre est vieux, peut-être qu'il a été planté il y a quatre-vingt ou soixante ans. Il est entouté par sa progéniture.
3 décembre 2018
Châtaignier (1)
Le Châtaignier (Castanea sativa) est un arbre emblématique de la Dordogne. On le trouve partout où le sol n'est pas calcaire. Les forêts d'aujourd'hui sont les descendants des châtaigneraies jadis plantées pour leurs fruits et leur bois. On récoltait les châtaignes pour y faire de la farine. Le grand tronc ci-dessous est une reste d'un arbre planté pour ses châtaignes, il est en train de mourir de vieillesse.
Il ne faut pas désespérer, quelques nouvelles arbres commencent à pousser à côté du grand Méthusalem.
Ici, au mois de juin, une châtaigneraie en fleur. Des grandes touffes vaporeuses de chatons mâles donnent aux arbres un aspect festif.
Les fleurs mâles sur des longs chatons produisent une grande quantité de pollen, que le vent l'amène partout. On sent bien le parfum un peu poussiéreux. Les fleurs femelles sont petites et on ne les voit pas quand on ne regarde pas de tout près.
La saison des châtaignes, c'est octobre. Les bogues avec leurs épines méchantes qui empêchent la consommation des châtaignes s'ouvrent quand les fruits sont mûres.
Et le festin peut commencer. Sangliers, blaireaux, campagnols, geais et autres animaux sont des grands amateurs et ils mangent et mangent et mangent, tellement que bientôt ils ne peuvent plus. Ils n'arrivent pas à manger tout, l'arbre fait tomber tous ses fruits au même moment et il y a trop à manger. De ce façon au moins quelques fruits auront la possibilité de germer au lieu d'être consommées.
Ici, un campagnol a fait son repas, et une petite limace s'occupe des restes.
21 octobre 2018
Cormier
Parmi les feuilles mortes sur un chemin de randonnée des fruits comme des petites pommes avec la peau mate sont tombés. On peut les manger, mais ils donnent une sensation étrange sur la langue. Ils sont comestibles, les fruits du Cormier (Sorbus domestica), mais faut attendre qu'ils sont blettes pour les manger. On n'aime ou on n'aime pas. Bon, ils sont au moins sucrés.
Quand on regarde en haut à cet endroit on voit des feuilles pennées sur des branches assez fines. Il n'y a plus des fruits, ils sont déjà tombés. Les feuilles commencent déjà à changer de couleur.
De vert à jaune à brun. Sur la photo ci-dessous il est déjà novembre.
Le Cormier est un arbre, parfois petit, et souvent les Cormiers sont un peu perdus parmi les Chênes, Charmes, Châtaigniers, Erables et autres arbres de la forêt Périgourdine. Pourtant, ils ne sont pas rares, mais on ne trouve que quelques arbres dispersés parmi les autres espèces; une forêt de Cormiers, ça n'existe pas.
L'écorce est lisse sur les jeunes arbres, mais en vieillissant, elle devient crévassée.
C'était l'été...
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