Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.


15 avril 2011

Euphorbes

Maintenant les bords de route et les prairies sont tachetés de jaune. Les grandes taches jaune un peu verdâtre sont souvent créées par les Euphorbes. Elles sont faciles à reconnaître grace à leur couleur, leur latex blanc et la forme des inflorescences. Les fleurs de l'Euphorbe ont une forme spéciale. Elles forment des ombelles, et elles n'ont pas de pétales, et consistent d'une capsule femelle et quelques étamines sur une tige, accompagné par quelques glands ronds ou en forme de corne, le tout entouré par deux bractées jaunes. Et de cette machinerie sort parfois une autre 'fleur' avec la même construction.

Il y a environ vingt-cinq espèces en Périgord, voilà trois qu'on peut trouver maintenant au bord des chemins.



Depuis quelques semaines déjà l'Euphorbe à feuilles d'amandier (Euphorbia amygdaloides) est en fleur. Elle aime les bois de feuillus. Sur la photo on peut distinguer des petites boules rouges, les capsules femelles qui commencent déjà à mûrir.










 

L'Euphorbe petit cyprès ci-dessus (Euphorbia cyparissias) pousse partout où le sol est un peu sec et rocheux, et aussi ailleurs. 
















Cet espèce s'appelle Euphorbe à tête jaune (Euphorbia flavicoma). Un nom mal choisi parce que toutes les Euphorbes d'ici sont charactérisées par leurs têtes plus ou moins jaunes.



4 avril 2011

Ophrys araignée


Voilà pourquoi on l'appelle Ophrys araignée (Ophrys aranifera):





















Dans cette groupe d'orchidées on reconnait plusieurs espèces. Elles se distinguent par la forme du labelle, la couleur, la période de floraison, la taille, et autres petits détails. Mais on trouve aussi des plantes intermédiaires. Est-ce que ce sont vraiment des espèces ou plutôt des variations?

Pour parler d'une espèce, il faut au moins qu'il y ait une 'barrière' entre elle et les autres espèces. Géographique: elles poussent dans des endroits éloignées l'un de l'autre. Ou temporelle: elles ne fleurissent jamais en même temps. Ou elles ne sont pas fertiles entre elles. Ou elles ont besoin d'un pollinisateur différent. Ou... Le seul fait que deux populations, ou deux plantes dans la même population, sont d'apparance différente, ne suffit pas.

Est-ce que ce sont plusieurs espèces avec des hybrides entre elles, ou une espèce avec beaucoup de variation, et quelques groupes plus ou moins typés? Nous ne savons pas vraiment.

Voilà deux réprésentants qui sont maintenant en fleur:



L'Ophrys occidental (Ophrys occidentalis) ci-dessus est le plus précoce en Dordogne. Il pousse parfois en groupe au bord d'une route, juste à côté du goudron.



L'Ophrys petite araignée (Ophrys araneola) a des petites fleurs bordées de jaune et il est en général solitaire.



24 mars 2011

Clandestine


Les Clandestines (Lathraea clandestina) sont de retour!


Les fleurs entre elles, c'est presque comme les humains...

(Voir aussi ici; il y a deux ans)

12 mars 2011

Les petites blanches

 
Si on se donne la peine de se pencher on les trouve partout: les brassicacées miniatures. Il y a quatre espèces annuelles qui sont parmi les premières plantes à fleurir après l'hiver, souvent en groupes de miliers d'exemplaires. Parfois on trouve les quatre ensemble, même si chacune a son propre habitat préféré.



La plus petite est la Drave de printemps (Erophila verna), si on trouve un exemplaire de cinq centimètre de hauteur c'est un vrai géant. Le communauté ci-dessus vit au milieu d'un chemin rural allongeant un terrain sec.













Les Tabourets perfoliés (Kandis perfoliata) sont un peu plus grands. Il y en a qui sont tout petit, mais sur un terrain riche il peut atteindre quinze centimètres. Elle pousse au bord des chemins, dans les prairies et champs, partout ou le sol est sec et perturbée, par exemple par les animaux.











La Drave des murs (Draba muralis) pousse dans un endroit rocheux ou sur une vieille muraille. Au début de la floraison elle est petite mais elle s'allonge quand les graines se développent. Sur la photo, on voit, tout en bas, encore quelques Draves de printemps.

 

La Cardamine hérissée (Cardamine hirsuta) aime un sol plus fertile et moins sec que les autres espèces. Elle donne parfois aux champs en attente de labourage un voile grisâtre, et on la trouve aussi dans le jardin potager. C'est la plus grande de ces quatre espèces, et parfois elle commence déjà à fleurir en décembre.


9 mars 2011

Orchis mâle


Les orchidées sont des plantes vivaces. Beaucoup d'entre elles, au moins ici en France, survivent l'hiver sous forme de tubercules souterraines. L'Orchis mâle (Orchis mascula) en a deux, un qui est frais et blanchâtre, pour nourrir la plante dans la saison à venir, et l'autre, qui n'est qu'une reste grisâtre et ridé, qui a nourri la plante la saison précédente, et qui va disparaître complètement. Plus tard dans l'année un nouveau tubercule se developpera pour l'année 2012.

 

Depuis quelques jours les premières rosettes ont surgi du sol. Dans un mois la plante sera en fleur, et après avoir produit des graines, les feuilles disparaissent, et la plante sommeilera sous la couverture de feuilles jusqu'au prochain printemps.

22 février 2011

Trémelle mésentérique


Quand il est pluvieux en hiver on voit parfois une tache jaune d'oeuf dans un arbre, une petite masse jaune gélatineuse. C'est un champignon, la Trémelle mésentérique (Tremella mesenterica) qui pousse sur les branches mortes d'un chêne ou un autre arbre feuillu.
Beaucoup de champignons vivent de matière organique morte. Si les champignons étaient de plantes, on les appellerait saprophytes, ('phyte' veut dire 'plante'), mais elles appartiennent au règne des fongiques.


 
La Trémelle se nourrit d'une manière indirecte de bois mort, elle pousse sur le mycélium d'une autre champignon qui à son tour à infesté la branche morte.



20 février 2011

Primevères


Les primevères poussent souvent sous les arbres, et fleurissent en mars, avant que les feuilles des arbres caduques se développent. 



Voilà la première de cet année, une Primevère vraie (Primula veris) avec des petites fleurs très jaunes. Elle semble mal à son aise parmi le brun et gris des châtaigniers autour d'elle, si tôt dans la saison.













Souvent les primevères poussent en grandes quantités, comme ci-dessus. A gauche quelques Primevères vraies parmi beaucoup de Primevères communes (Primula vulgaris) qui ont des fleurs d'un jaune plus blême sur un tige plus court et moins raide.












Toutes les primevères ont des feuilles rugueuses d'un vert clair. 

















Et voilà un hybride, une intermédiaire entre les deux.