Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.


19 juillet 2017

Millepertuis à quatre ailes


Le Millepertuis  à quatre ailes (Hypericum tetrapterum) fleurit abondamment cet été. C'est une plante qui peut atteindre presque un mètre de hauteur et qui pousse dans des endroits marécageux ou au moins un peu humides.






Ses tiges sont quadrangulaires avec des côtes bien marquées. Ils ont beaucoup de noeuds avec chacun deux feuilles sessiles, et presque chaque noeud porte des fleurs.





Sur les feuilles on voit des petits points transparents et parfois quelques points noirs. C'est juste visible à l'oeil nu, mieux vaut prendre une loupe. Les petits points noirs sont des glandes, et elles sont typiques pour les Hypéricacées. Le Millepertuis à quatre ailes n'en a pas beaucoup, comparé à certaines autres millepertuis.



Les fleurs sont des petites étoiles, cinq pétales jaune clair et des étamines qui s'étalent dans toutes les directions.





18 juillet 2017

Petite scutellaire


Sur les bords d'une petite route qui traverse une zône un peu tourbeuse pousse la Petite Scutellaire (Scutellaria minor). Elle a besoin d'eau et d'un sol acide pour vivre, et ici, les deux sont présents. En Périgord ce type d'habitat n'est pas très commun, mais dans les zônes ouvertes de la forêt de la Bessède on le trouve. La flore ici est exceptionnellement riche, et différente de celle des calcaires secs Jurassiens ou Maestrichtiens qui sont majoritaires en Périgord.






Les calices des fleurs de la Petite Scutellaire portent, bizarrement, une bosse, bien visible dans la photo. Les petites fleurs sont d'un rose pâle, tacheté avec des guides de nectar pourpre.





7 juillet 2017

Gesse à larges feuilles


Tôt le matin il y a encore quelques gouttes de rosée sur les grandes fleurs roses de la Gesse aux grandes feuilles (Lathyrus latifolius). Elles disparaîtront vite avec le soleil.





La plante continue longtemps à fleurir, même dans les journées chaudes de l'été. La Gesse à larges feuilles est la plus grande gesse sauvage qu'on peut rencontrer ici. Elle est une plante vivace qui peut atteindre une longueur de deux mètres. Cela ne se voit pas tout de suite: avec ses vrilles, elle pourrait s'attacher aux herbes et arbustes avoisinantes pour grimper en hauteur, mais souvent elle reste plutôt proche du sol.




Les Gesses ont en général (il y a quelques exceptions) une paire de folioles allongées avec entre les deux folioles une vrille plus ou moins ramifiée. Les tiges sont souvent ailées, cela veut dire qu'elles sont élargies par deux bandes aplaties.

La Gesse à larges feuilles aime les lisiéres de champs et des bois, ici elle pousse parmi les fougères à la limite d'une châtaigneraie. On voit les gousses longues qui commencent à se developper.






Elle est une cousine proche des pois de senteur du jardin, mais au contraire de celle-là, la Gesse à larges feuilles n'est pas très parfumé.





2 juillet 2017

Chicorée amère


Le grand prix pour la fleur la plus bleue sera peut-être gagné par la Chichorée amère (Cichorium intybus).





Ci-dessous, cette couleur fait un beau contraste avec les céréales prêts à recolter parmi lesquelles elle pousse. On la trouve souvent dans les cultures, mais aussi dans les jardins, sur les bords de route ou dans des lieux un peu rudéralisées.





Les tiges zigzaguent dans toutes les directions. On ne voit plus les feuilles, elles sont disparues à la floraison.





La Chicorée amère est une soeur des chicorées et les endives du jardin et, en fait, ses feuilles sont comestibles, mais tellement amères qu'on n'est pas trop tenté de les ajouter à une salade.

Pour voir les fleurs il ne faut pas attendre jusqu'à la fin de la journée.





On risque de ne voir que une plante verte, les fleurs ne sont ouvertes que le matin et parfois le début d'après-midi.




18 juin 2017

Gaillet nain


Le Gaillet nain (Galium pumilum) n'est pas si petit qu'il passe inaperçu. Ses fines branches qui vont dans toutes les directions dépassent parfois l'herbe courte de la pelouse où il pousse. Et ses petites fleurs en forme de croix sont d'un blanc tellement lumineux qu'on est obligé de le voir.




Il préfère des sols secs et calcaires et ensoleillés, dans une pelouse riche on ne le trouve pas.






Il est 'typiquement 'gaillet', avec les traits de la famille de Rubiacées de laquelle il fait partie. Une couronne de feuilles à chaque noeud, des petites fleurs en forme de croix ou d'étoile à quatre pointes qui se présentent en grappe ou panicule lâche, des tiges souples qui se mélangent avec la végétation.

Il commence à fleurir fin mai, et on peut encore se jouir de sa présence pour quelques semaines, il fleurit jusqu'aux grandes sècheresses de l'été.


17 juin 2017

Brunelle blanche


En ce moment la Brunelle blanche (Prunella laciniata) fleurit dans les pelouses sur calcaire. C'est une plante du soleil, donc elle est contente en ce moment !




Elle est une Lamiaceae, avec une tige carré et des feuilles opposées, si on regarde de proche on voit, que toute la plante à l'air bien carré et symmétrique. Il y a des autres Brunelles, mais celles-là ont des fleurs bleues (comme par exemple la Brunelle aux feuilles hastées).



Sur les images elle est entourée par des autres fleurs de ce milieu. En haut par le Gaillet nain (Galium pumilum), et en bas par l'Hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa).




20 mai 2017

Géranium noueux


Ce printemps ces feuilles se montraient au fond d'une vallée, sur les bords d'un petit ruisseau. Des belles feuilles, un peu luisantes, sur des pédoncules rougeâtres qui sortent d'une tige rampante caché sous les feuilles mortes.




C'est quelle plante? Difficile à dire, surtout quand on ne voit aucune fleur. Les feuilles ressemblent un peu à celles de la Vigne-vierge, mais pas tout à fait. Les Géraniums peuvent avoir aussi de telles feuilles, mais cet espèce ne ressemble pas aux Géraniums connus en Dordogne.


Quelques semaines plus tard, il y avait quelques boutons.




Et celles-là ressemblent vraiment aux boutons d'un Géranium. Mais lequel? Difficile à dire quand il n'y a pas de fleurs et de fruits qui peuvent aider à l'identification. Quelques recherches dans des flores et sur le web aboutissent sur le Géranium noueux (Geranium nodosum) dont la plante trouvée a toutes les traits caractéristiques et aussi quelques particularités.


Il a fallu attendre les fleurs.





Elle sont d'un lila-rose pâle, avec quelques rayures plus foncées. Maintenant il y a moins de doute, il s'agit très vraisemblablement du Géranium noueux.




Le Géranium noueux est une plante de basse montagne, et il n'y a pas d'observation récente en Dordogne. Dans le Lot on la trouve parfois, mais elle pousse surtout dans les régions de basse montagne dans les Alpes et les Pyrénées. La Dordogne n'est pas tellement montagneuse. Le lieu, une vallée ombragée sur sol calcaire et assez humide, pourrait correspondre bien quand-même. Une autre possibilité serait qu'il ne s'agit pas d'une plante sauvage, mais d'une échappée d'un jardin.

D'ou vient cette plante? Est-ce qu'elle est ici depuis longtemps?

Est-ce qu'il est possible que c'est bien une plante sauvage qui est là depuis longtemps mais que personne ne l'a jamais remarqué? Oui, l'endroit est isolé et la plante n'attire pas tellement l'attention; les fleurs ne sont pas très voyantes. Personne n'y passe, sauf peut-être un chasseur en hiver.

Des autres plantes rares ont choisie domicile dans cette petite vallée, cela peut indiquer qu'on trouve ici une combinaison de caractéristiques du sol, exposition, végétation et (micro)climat qui est rare ou qui est devenue rare. Il est possible que cet endroit n'a pas été touché beaucoup par des développements (souvent sous l'influence humaine) qui ont changé le paysage ailleurs, comme les plantations, assèchements, changements dans la qualité de l'eau, défrichements, et que les plantes ont survécues.

Le géranium noueux est cultivé depuis longtemps comme plante d'ornement, et le département de Dordogne a été beaucoup plus peuplé que maintenant. Il y a la possibilité que la plante ici est venue avec des déchets de jardin, ou issue de graines d'une plante de jardin, ou même planté il y a longtemps. A proximité se trouvent les ruines d'un ancien moulin, le ruisseau a été aménagé dans le temps. En ce cas, on trouverait peut-être  d'autres traces, déchets, signes d'habitation, autres plantes cultivées. Mais ici, on ne les trouve pas.




N'importe, le Géranium noueux est là, et il prospère.