Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.


13 octobre 2016

Erable champêtre


Les feuilles commencent à changer de couleur.





Ici une feuille d'un Erable champêtre (Acer campestre). Cet arbre est commun en état sauvage mais il est aussi souvent planté, un rang d'Erables champêtres fait une belle haie ou coupe-vent et supporte bien la taille. Il n'est pas difficile, il pousse sur tout type de sol, avec peut-être une légère préférence pour le calcaire, et il supporte bien la sècheresse.









Ici avec pour décoration quelques toiles d'araignée et des lichens.






Les fruits, les samares, sont typiques pour les érables. Elles poussent en paire, chaque samare porte une aile, et quand elles tombent elles tournent comme des petites hélicoptères.



Quelques branches en été.



1 octobre 2016

Jussie rampante


Elle est considérée comme une invasive vraiment envahissante. Cela n'empêche pas la Jussie rampante (Ludwigia peploides subsp. montevidensis) d'être bien jolie.






A la fin de l'été, oui, jusqu'en octobre, elle montre ses belles fleurs jaunes. Elle pousse dans l'eau ou sur la rive avoisinante. Ça et là, au bord de la Dordogne, elle forme des tapis denses. Quand il n'y a pas trop de courant elle couvre des grandes surfaces d'eau.



Les rosettes de feuilles flottent sur l'eau et se déplacent avec le courant vers des nouvelles rives.


26 septembre 2016

Scille d'automne


Quel belle surprise! Au bord d'une petite route les herbes ont changé de couleur, elles ne sont plus jaune de sècheresse. Des petites tiges bleues sortent du brouillard matinal.



Ce sont des Scilles d'automne (Scilla autumnalis) et, du jamais vu, sa floraison est tellement abondante cet année qu'ils couvrent quasiment le sol. Et les pieds sont grands, ils portent parfois une douzaine de fleurs ou même plus.

L'été sec ne parait pas favorable à la croissance des plantes. Mais peut-être que les bulbes souterraines ont pris de la force au printemps, quand il a plu beaucoup et pendant longtemps? En été la Scille d'automne n'a pas de feuilles ou tiges hors terre et exposés au soleil, donc peut-être qu'elle n'a pas trop souffert de la sècheresse et de la chaleur.





Un petit pied blanc parmi les milliers de bleus, ça arrive.
 


Les fleurs sont encore fermées, elles attendent le soleil. Dans une heure elles vont s'ouvrir en étoiles, on les reconnaîtra plus facilement comme des scilles.





Il n'y a pas seulement les scilles. Les Carlines communes (Carlina vulgaris) et une petite Guimauve hérissée (Althaea hirsuta) sont toutes assèchées, sont couvertes de toiles d'araignées. Elles aussi font partie du cortège des pelouses calcaires.








19 septembre 2016

Trèfle des champs


En Dordogne on peut trouver une vingtaine d'espèces différentes de trèfles. Elles sont blanches, roses, ou jaunes. Le Trèfle des champs (Trifolium campestre) est très commun et il a comme tous les trèfles des feuilles composées de trois folioles avec des petites stipules à la base de la pétiole. Il fleurit en mai et juin, et si l'été est clément et un peu humide aussi plus tard dans la saison.




Ce qui n'était pas le cas cet été. Il a fait chaud et il n'a quasiment pas plu pendant trois mois. Voilà le résultat. Une prairie aux tons de gris et de brun de plantes assèchées et grillées. Oui, c'est beau, il faut l'avouer... 









Ce n'est pas grave, la plupart des plantes dans cette prairie sont bien capables de survivre, au moins de terminer leur cycle de vie, fleurir et faire de fruits, avant que la saison sèche commence. L'assèchement a changé la couleur du Trèfle des champs mais pas tellement sa forme. Les têtes du Trèfle des champs sont rondes et brunes. Les gousses sont mûres maintenant, et elles sont totalement cachées dans les fleurs mortes; comme avec tous les trèfles les corolles sont persistantes.





Il y a quelques mois. L'étendard - la partie large de la fleur en forme de papillon - est pliée et courbé vers l'arrière et en bas.



9 août 2016

Campanule à feuilles rondes


Des petites clochettes bleues poussent dans l'herbe haute au bord d'un chemin. La Campanule aux feuilles rondes (Campanula rotundifolia) commence à fleurir à la fin de l'été et continuera jusqu'aux premières gelées, et on la trouve presque partout. La sècheresse d'août ne la gêne pas trop.





Ses tiges fines portent les fleurs également fines, des clochettes ouvertes en étoile de cinq pointes.





Mais pourquoi elle s'appelle Campanule à feuilles rondes? On voit à peine de feuilles, et celles qu'on voit sont vraiment longilignes.





Il faut aller en arrière de quelques semaines. Au ras du sol on trouve une petite plante avec des feuilles presque rondes ou en forme de coeur, des feuilles longues et étroites, et tous les formes entre les deux. Quand la Campanule à feuilles rondes commence à faire des nouvelles pousses elle produit des feuilles rondes, et quand la saison avance elle fait des feuilles de plus en plus ovales, et après, des feuilles presque linéaires. Quand, enfin, la floraison commence, les premières feuilles qui sont rondes ont déjà fané.




21 juillet 2016

Fumana des montagnes


Il fait chaud, le soleil tape, les plantes commencent à griller.





Les feuilles du Fumana des montagnes (Fumana ericifolia) commencent déjà à prendre une couleur d'automne. Ce petit arbuste pousse au ras du sol dans les prairies et friches ensoleillées sur calcaire. Malgré son nom elle préfère la plaine ou les collines.




Maintenant on voit surtout les fruits couleur rouille, avec ça et là encore une fleur.

Pour voir les fleurs il faut partir de bonne heure, la floraison de ce petit hélianthème est éphemère et les pétales tombent après quelques heures.







Il y a plusieurs espèces de Fumana, chez le Fumana des montagnes les fleurs sont portés par un pédicelle long qui se courbe vers le bas après la floraison.



9 juillet 2016

Gaillet divariqué


Le Gaillet divariqué (Galium divaricatum) est trop subtile pour être vu facilement. On regarde à travers un nuage de fines tiges et fruits minuscules et on voit surtout l'herbe qui pousse derrière la plante. Avec l'appareil photo c'est un peu plus facile, on met la mise au point sur la plante et les brins d'herbe disparaissent dans le flou.






C'est un vrai gailllet, des tiges chaotiques qui poussent dans tous les sens, apparemment sans trop de respect pour la loi de la gravitation. On ne sait pas où la plante commence et où elle se termine.





Les tiges carrées portent quelques feuilles verticillées aux noeuds. Des touts petits poils rudes les donnent un aspect scabre au toucher.





Quant aux fleurs, elles existent mais on ne les voit pas sans une bonne loupe. La corolle mesure au maximum un demi millimètre. Une petite bosse rougeâtre ou rose sur les jeunes fruits, c'est tout. En théorie elles sont en forme d'une étoile à quatre points, comme chez les autres gaillets, mais cela reste théorie parce qu'on ne peut pas les bien voir.








Après la floraison, les fleurs au moins respectent la force de la gravitation, les petits fruits sont pendantes sur des pédoncules courtes, et c'est ce caractéristique qui distingue le Gaillet divariqué d'un autre espèce de gaillet tout proche. C'est aussi assez subtile...