Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.


18 décembre 2020

Prunellier

 

Ces fruits bleus, les prunelles, ne sont comestibles que après les gelées, si non, elles sont trop acides et astringentes. Ils poussent sur un petit arbuste très épineuse, le Prunellier (Prunus spinosa).  



 

Il est très commun en Dordogne, on le trouve à la limite des chênaies et sur les champs agricoles abandonnées surtout sur calcaire. Le Prunellier est drageonnant, en dans quelques années ses tiges peuvent former des haies denses et impénétrables. 

 


Cela fait un peu peur!

 



Mais les araignées adorent.




 

Et apparemment, il fait un bon support pour plusieurs espèces de lichen.

Il est une des premières Prunus à fleurir au printemps, et il le fait abandomment. Ci-dessous, les fleurs ont déjà perdu leurs petales.

 


Seulement les petits pinceaux des étamines sont encore présents. Et maintenant, il faut attendre pour les fruits.

27 novembre 2020

Dompte-venin officinal

Dans cette pelouse les herbes sont couvertes de gouttes de rosée et de toiles d'araignée. Quelques plantes jaunes attirent l'oeil. Ce sont des pieds de Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria) en tenue d'automne.

 


 

 

Ils poussent surtout sur sol calcaire, sur les pelouses ou dans un bois de chênes pubescents où le soleil éclaire le sol entre les arbres.



 

Ici une coupe récente en été. Après la disparition des arbres beaucoup de plantes ont profité de la lumière et l'espace est bondé. Le Dompte-venin officinal paraît un peu perdu dans la verdure.

 

 

Il a beaucoup de petites fleurs crème. Les petales sont un peu épais. Les feuilles opposées sont souples et fines. Avec un peu d'effort on peut comprendre que le Dompte-venin officinal est un cousin de la Pervenche, la forme des fleurs et le nombre de petales, et aussi les feuilles se ressemblent, même si la Pervenche a des petales souples et fines et des feuilles plutôt épaisses.

Le Dompte-venin a une certaine réputation comme contre-poison après une morsure de serpent. Mais peut-être cela vaut mieux d'éviter cette rémède pour ne pas se faire empoisonner deux fois. Malgre l'officinal' dans son nom, cette plante est vraiment toxique.



Mais belle!

(Les baies rouges qui font un si beau contraste sont d'une autre plante, elle aussi vénéneuse, le Tamier commun.)



2 novembre 2020

Passerage de Virginie

On peut le trouver une grande partie de l'année en fleur, le Passerage de Virginie (Lepidium virginicum). Il fait beaucoup de petites fleurs blanches minuscules, et si pour une raison ou autre une de ces tiges est coupée, il recommence tout simplement à faire des tiges et des fleurs.




Souvent on voit fleurs, fruits, et restes de fruits sur une même plante. Les fruits sont des petites disques écranchées au sommet.

 


 

Au début de la floraison il a encore beaucoup de feuilles, allongées et légèrement dentées; au cours de la saison il perd la plupart de ses feuilles et fait surtout des fleurs et fruits. Comment est-ce qu'il arrive à se nourrir avec si peu de chlorophylle? Il n'a pas beaucoup de réserve dans les racines, c'est une plante annuelle. Peut-être qu'il ne se nourrit pas trop, il met sur la réproduction pour sa survie et il produit autant de graines que possible jusqu'à son épuisement.




 

Ici une plante bien developpée. Il a le port érigé typique pour les Passerages. On trouve le Passerage de Virginie en général dans des endroits anthropogènes, comme ici sur un chemin en castine pas trop fréquenté.

 


30 octobre 2020

Héliotrope commune

Cette plante avec ses petites fleurs blanches commence à fleurir après l'été et continue à faire des fleurs jusqu'en octobre. L' Héliotrope commune (Heliotropium europaeus) pousse en général dans les champs de culture après recolte, et dans des habitats comparables comme les jardins potagers.

 



Les fleurs sont petites, mais il y en a beaucoup. En ce moment on voit surtout les graines qui se développent le long des tiges.


Chaque tige se termine dans une cyme scorpioïde qui se déroule et se rallonge au fur et à mésure de la floraison. Ce type de cyme on trouve aussi chez des autres réprésentants de la famille des Boraginaceae (les Myosotis par exemple).




 

Ici le 'sommet' d'une cyme au début de la floraison. Les feuilles sont un peu gauffrées et hirsutes, aussi un trait distinctif de cette famille.  








17 octobre 2020

Calament faux Népéta

 

Surprise! Un champ de céréales en friche après la récolte en été a changé de couleur. Il est couvert de plantes lilas. Et une odeur épicée émane de cette végétation. Le Calament faux Népéta (Clinopodium nepeta subsp nepeta) est en fleur et il sent fort, un peu menthe, un peu pharmacie. La plupart des Calaments sont parfumés, mais ils sont discrets comparé à celui-ci.

 



Vous ne risquez pas de sentir souvent ce parfum, le Calament faux Népéta est très rare. On le trouve surtout dans les champs de culture et il n'aime ni l'engrais ni les herbicides. Donc on comprend pourquoi il est si rare.

 


 

Comme les autres Calaments, il est une plante d'automne. Avant août on ne le voit pas, et sa floraison continue jusqu'à novembre. Il porte des verticilles de petites fleurs avec des calices avec des dents courtes, critère important pour le distinguer de ses cousins.

 

Ces petites touffes denses sont au plus bel effet parmi les pierres de ce champ.

On espère de le revoir l'année prochain!



30 septembre 2020

Calament clinopode

 

Cette plante à feuilles rondes fait un joli contraste avec les feuilles de châtaignier récemment tombées. C'est le Calament clinopode (Clinopodium vulgare) à la fin de sa floraison.




Il n'y a plus beaucoup de fleurs, et elles semblent d'être seules dans les aiselles des feuilles et pour cette raison, on pourrait les confondre avec les autres Calaments. Il faut utiliser le nez: la plupart des calemants sont parfumés, une odeur plus ou moins forte qui ressemble la menthe et l'origan. Le Calament clinopode n'a pas d'odeur spécifique, ça sent le vert, c'est tout.




Normalement, beaucoup de fleurs sont groupées aux noeuds autour de la tige, formant des boules.

 


 

En automne la plante manque de force et se limite à quelques fleurs par noeud.



Les boules assèchées qui ont fleuri il y a quelques semaines sont maintenant visibles partout.

Partout, parce que le Calament clinopode est commun et il pousse sur beaucoup de types de sol. Il semble quand-même qu'il a une préférence pour les bords de chemin. Au plaisr des randonneurs.

 

 

19 septembre 2020

Mors du diable

Ce chemin traverse une châtaigneraie sur sol sablonneux. Malgré les deux mois de sècheresse de cette fin d'été des fleurs poussent sur les bords. La chaleur n'a pas posé de grands problèmes au Mors du diable (Succisa pratensis), même si les feuilles ont l'air un peu triste.

 



Bien sûr, ici il pousse à l'ombre. En fait, il a besoin d'un sol assez humide pendant une partie de l'année, mais pendant la floraison entre août et novembre il se débrouille avec ce qu'il a à sa disponibilité.



 
 
On voit sa beauté surtout quand on s'approche. Les têtes sont composées de petites fleurs d'un beau lilas-bleu, qui contraste au plus bel effet avec les étamines roses.

Pensez-vous que la fleur ressemble un peu aux Scabieuses? Vous avez raison, le genre Succisa appartient comme le genre Scabiosa à la famille des Dipsaceae

Pour compliquer les choses: récemment, pour des bonnes raison qui nous ne concernent pas, les biologistes ont conclu que les Dipsaceae doivent désormais faire partie de la famille des Caprifoliaceae. N'importe... on continue à regarder cette plante avec plaisir !

 


 

 

Ici des Mors de diable dans un milieu plus ouvert: une pelouse dans la vallée de la Dordogne.


Quand il ne fleurit pas, on peut trouver ses feuilles au niveau du sol. La tonte ou le passage de herbivores ne le gênent pas.