Dans ce blog vous trouverez des portraits de quelques centaines de plantes et fleurs sauvages du Périgord. Au fil des saisons des nouvelles images seront ajoutées.

Corine Oosterlee est botaniste et photographe plasticienne. Son site corineoosterlee.com.


14 avril 2009

Ophrys occidental


Depuis quinze jours les premières orchidées sont en fleur à Trémolat. Elles sont des réprésentantes de la groupe des Ophrys araignées. Voilà la plus précoce, l’Ophrys occidental (Ophrys occidentalis). C’est une petite plante vert pâle, 10 à 20 cm haut. On l’écrase facilement sous le pied quand on la cherche.



Sur le labelle velouté on voit le miroir, une tache plus claire, qui la fait ressembler un peu à une araignée. Au moins dans l’opinion humaine; certaines abeilles sont convaincues qu’il s’agit d’une autre abeille posée sur une fleur verte. Il y a même des yeux!


3 avril 2009

Grande prêle


Beaucoup a changé depuis il y a cent millions d’années, mais pas les créatures insolites ci-dessous.


Elles sont les sporophores de la Grande Prêle (Equisetum telmateia). Pendant le Crétacé plusieurs espèces de plantes vasculaires existaient déjà. (Pas ici en Dordogne; la plus grande partie de la France d’aujourd’hui était au-dessous du niveau de la mer.) Comme les dinosaures la plupart d’entre elles ont disparu ou au moins changé beaucoup, mais pas la famille des Equisetacées. Maintenant on peut trouver des prêles qui ressemblent vraiment leurs ancêtres.














Les sporophores de la Grande Prêle n’ont pas de chlorophylle. Dans quelques semaines les tiges vertes végétatives de la plante paraîtront.








24 mars 2009

Clandestine


Ces taches pourpres sous les peupliers ... c’est quoi?


Cette masse de fleurs entre les feuilles mortes, c’est la Clandestine (Lathraea clandestina). Un parasite qui vit sur les racines du peuplier.















C’est une plante souterraine, on ne voit que ses fleurs et parfois quelques bouts de tiges blanches qui émergent du sol. Entre les écailles blanches les boutons des fleurs apparaissent.


11 mars 2009

Processionnaire du pin


Maintenant les Processionnaires du Pin (Thaumetopoea pythiocampa) ont les fourmis dans les jambes. Elles quittent la barbe à papa dans un pin où elles ont passé l’hiver et descendent vers le sol, en formant une chaîne.



Toute la procession se déplace lentement vers un endroit ensoleillé où le sol est meuble. Arrivées là, les chenilles se regroupent et, avec des mouvement rythmiques, s’enterrent tous ensemble pour commencer la nymphose.












Est-ce qu’il faut être intelligent pour avoir un comportement social complexe comme ces chenilles ?

Pas nécessairement. Il suffit de suivre quelques règles simples pour avoir un comportement de groupe assez complexe. Comme par exemple:

(1) Quand les jours deviennent assez longs et chauds, tu quittes ton nid et tu prends la direction ‘en bas’.
(2) Tu t’attaches à la queue d’une collègue.
(3) Si tu ne trouves pas de queue libre, tu te déplace vers un endroit où la terre sent mieux parce qu’elle est plus ensoleillée et meuble.
(4) Quand tu ne peux plus trouver un lieu qui sent mieux, tu t’arrêtes à marcher et tu commences à faire des mouvements latéraux rythmiques.
(5) Si tu aperçois les mouvements latéraux rythmiques d’une collègue, tu fais aussi ces mouvements, aussi proche d’elle que possible, mème si t'es obligée de lâcher la queue que tu suivrais.
(6) Quand il n’y a plus de lumière (parce que tu es enterrée ou parce que la nuit a tombée) tu ne bouges plus.

Pas besoin de réfléchir, pas besoin de commandant, pas de problèmes de gestion...

7 mars 2009

Ficaire


On a besoin d'un peu de printemps...


... et voilà le Ficaire (Ranunculus ficaria)!

16 février 2009

Mâche sauvage


Maintenant on peut ramasser au bord de la route assez de verdure pour remplir une petite saladière. Il s’agit de Doucette (Valerianella locusta), la cousine sauvage de la mâche potagère qu’on achète au supermarché. Elle n’est pas difficile à trouver, les rosettes de feuilles d’un vert très clair poussent dans des jardins et des champs cultivés, où en automne les graines germent quand les jours froidissent. On ne la mange qu’en hiver, les feuilles perdront leur goût au printemps quand les fleurs se forment.


La Doucette fait partie de la famille des Valérianacées, dont les réprésentants sont caractérisés par leurs branches bifurquées. Ici on voit bien la symmétrie qui en est le résultat.


8 février 2009

Lichens


Les lichens sont des associations de deux organismes différents qui vivent ensemble, un champignon et une algue verte. Le champignon ramasse l’eau et les minéraux dont tous les deux ont besoin; par la photosynthèse l'algue produit des nutriments pleins d’energie. Pour vivre le champignon a besoin de l’algue;par contre l’algue peut bien vivre sans le champignon. Les lichens poussent très lentement et on ne les trouve que dans les lieux où ils ne sont pas en compétition avec des autres plantes. Sur un rocher, ou comme ici sur une branche d'arbre. Dans l’air ou sur le rocher ils trouvent assez de minéraux pour vivre. Sans problème ils survivent des mois sans une goutte d’eau, ils deviennent inertes et perdent toute activité biologique.



On classe les lichens selon leur forme, faute de meilleur critère. Il serait plus logique de les classer selon les organismes composants, mais beaucoup de lichens ne sont pas encore bien décrits, et peut-être il y existent plus de combinaisons possibles d'algues et champignons qu’on connaît. Sur la photo on voit à gauche un lichen fruticuleux et à droite et en bas un lichen foliacé.







Des particules qui se détachent du lichèn-père, des boulettes de champignons et algues, se déplacent avec le vent et commencent à pousser dès qu’elles tombent dans un lieu qui les convient. Voilà la méthode habituelle de se propager du lichen. Le champignon comme l’algue ont aussi une manière de se reproduire séparément par un échange de matériel génétique. Il faut bien que le nouveau champignon qui naît des spores du champignon trouve une algue pour pouvoir former un nouveau lichen.